Infos Thailande

La Thaïlande ouvre des négociations avec Saab en vue d’acquérir 12 avions de combat JAS-39 Gripen E/F

En janvier 2022, la force aérienne royale thaïlandaise [RTAF] fit savoir qu’elle envisageait de se procurer entre huit et douze exemplaires du chasseur-bombardier F-35A du constructeur américain Lockheed Martin. Si elle pouvait sembler surprenante au premier abord, cette annonce n’était pas si saugrenue, la Thaïlande ayant obtenu le statut d’allié majeur non membre de l’Otan auprès des États-Unis en 2003.

Pour la RTAF, il s’agissait d’entamer la modernisation de son aviation de combat, celle-ci reposant sur trente-trois F-5 Tiger II, une cinquantaine de F-16 A/B reçus dans les années 1980 et 1999 et seulement onze JAS-39 Gripen C/D acquis en 2007 auprès du suédois Saab.

Seulement, si elle entretient des relations diplomatiques avec les États-Unis depuis plus de 190 ans, la Thaïlande cultive aussi une certaine proximité avec la Chine… au point de lui avoir commandé des équipements militaires de premier plan, dont des sous-marins S-26T, un navire d’assaut amphibie de Type 071E et des chars Type 69-II.

Aussi, les États-Unis ne donnèrent pas de suite au souhait exprimé par la RTAF… Cependant, à la place des F-35A, ils lui proposèrent des F-16 « Viper »… alors que Bangkok envisageait l’achat de Gripen E/F, c’est-à-dire la nouvelle version du Gripen C/D. Pour aider Lockheed Martin à faire la différence, le gouvernement américain se dit prêt à consentir des facilités financières, en accordant à son homologue thaïlandais un prêt à taux réduit à 3,5 % et un délai de remboursement prolongé.

Visiblement, Lockheed Martin ne doutait pas de sa victoire. « Nous sommes convaincus que le F-16 Block 70/72 [« Viper »] complétera la flotte existante de F-16 de la Force aérienne royale thaïlandaise et offrira les capacités et les performances de sécurité avancées nécessaires pour répondre aux besoins de défense les plus urgents de la Thaïlande », avait alors affirmé OJ Sanchez, un haut responsable du groupe américain.

Sauf que, en août dernier, le commandant de la RTAF, le général Phanphakdee Phattanakul, doucha les espoirs de Lockheed Martin. « Après avoir étudié les détails supplémentaires soumis par les deux candidats, le comité de sélection a choisi le Gripen E/F plutôt que le F-16 Block 70/72 », fit-il savoir. Au passage, les « détails » en question portaient sur d’éventuels transferts de technologie et la formation.

Cela étant, il en va des contrats d’armement comme des matches de rugby : tant que la fin de la partie n’est pas sifflée, on n’est jamais à l’abri d’un drop ou d’un contre assassin. Ainsi, le choix de la RTAF devait encore être validé au niveau politique. Ce qui vient d’être fait et cela ouvre la voie aux négociations contractuelles.

« Saab et l’Administration suédoise du matériel de défense [FMV] vont maintenant suivre les prochaines étapes du processus d’acquisition avec le Royaume de Thaïlande », a en effet annoncé l’industriel suédois, via un communiqué publié ce 4 juin.

« Outre les avions de combat Gripen E/F et leurs équipements associés, l’offre de Saab comprend également un programme de compensation à long terme » qui « contribuera à la sécurité nationale et à l’indépendance stratégique de la Thaïlande, tout en créant de nouveaux emplois et des investissements dans divers secteurs de la société thaïlandaise », a poursuivi l’industriel, sans indiquer le nombre d’avions susceptibles d’être commandés par Bangkok.

Cette précision a été donnée par le commandant de la RTAF, lors d’une conférence de presse. Ainsi, il est d’abord question d’acquérir un premier lot de quatre Gripen E/F [dont un biplace]. Puis huit autre appareils feront partie d’une second tranche.

Les Gripen E/F « remplaceront également certains des F-16A/B au cours de la prochaine décennie », a poursuivi le général Phattanakul, suggérant ainsi que le nombre d’exemplaires commandés pourrait aller au-delà des douze actuellement prévus. En outre, il a annoncé que la RTAF allait également se doter de missiles air-air Meteor à longue portée et que les deux avions d’alerte avancée Saab 340 « ERIEYE », livrés en 2012, allaient être modernisés.

Pour rappel, par rapport au Gripen C/D, le Gripen E/F dispose d’une motorisation plus puissante grâce au réacteur F414G de General Electric. Outre les Meteor, il peut emporter des missiles à courte portée IRIS-T et des bombes GBU-39 SDB. Enfin, il est équipé d’un radar AESA [à antennes actives] ES-05 Raven, d’un IRST [Infra-red search and track] Skyward-G, d’un viseur de casque Targo II, d’une nouvelle suite de guerre électronique et de la Liaison 16.

Par Laurent Lagneau – Opex360.com – 4 juin 2025

En poursuivant la visite de ce site, vous acceptez l’utilisation de traceurs (cookies) vous permettant juste d'optimiser techniquement votre navigation. Plus d’informations

En poursuivant la visite de ce site, vous acceptez l’utilisation de traceurs (cookies) vous permettant d'optimiser techniquement votre navigation. Aucune information sur votre utilisation de ce site ne sera partagée auprès de quelconques médias sociaux, de sociétés commerciales ou d'agences de publicité et d'analyse. Cliquer sur le bouton "Accepter", équivaut à votre consentement.

Fermer