Infos Birmanie

Facebook a démantelé une opération de désinformation menée par un opérateur télécom birman

Mytel est majoritairement détenu par des opérateurs eux-mêmes contrôlés par l’armée birmane et l’armée vietnamienne.

Une dizaine de pages Facebook, liées à l’opérateur téléphonique birman Mytel, ont été désactivées par Facebook mercredi 12 février, dans le cadre de son programme de lutte contre la désinformation. Ces comptes géraient six pages cumulant près de 300 000 « like » et se présentant comme des pages d’informations généralistes, mais qui étaient surtout utilisées pour publier de fausses informations sur les concurrents de Mytel.

Fin janvier, ces pages avaient ainsi publié des articles accusant Wave Money, concurrent direct du tout nouveau système de paiement par mobile de Mytel, de voler l’argent de ses utilisateurs. Le même article avait été publié presque simultanément sur les différentes pages, note l’organisation de lutte contre la désinformation américaine DFRLab.

Opérateur en partie détenu par l’armée

Jusqu’à présent, la quasi-totalité des réseaux de désinformation dont Facebook a annoncé la suppression avaient des visées politiques. Ce réseau birman marque la première fois qu’une entreprise est identifiée comme l’auteur d’une campagne d’ampleur de ce type.

Mytel n’est cependant pas une entreprise classique : 23 % de son capital appartiennent au conglomérat privé MNTH, mais l’essentiel de ses parts appartient à une alliance entre deux opérateurs télécom contrôlés respectivement par l’armée birmane et l’armée vietnamienne.

La Birmanie a été ces dernières années le théâtre de vastes opérations de désinformation et d’appel à la haine sur les réseaux sociaux, visant la minorité Rohingya du pays, musulmans dans cet Etat majoritairement bouddhiste. Une part de ces campagnes a été attribuée à l’armée birmane. Facebook est accusé d’avoir insuffisamment réagi face à la multiplication des appels à la violence sur sa plate-forme ; le réseau social a depuis annoncé avoir largement renforcé ses équipes de modération.

Le Monde – 12 février 2020