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Birmanie : la Suissesse Schraner Burgener ciblée par une experte

La rapporteuse spéciale de l’ONU sur la Birmanie n’est pas tendre avec l’émissaire du secrétaire général sur ce pays, la Suissesse Christine Schraner Burgener. Mercredi à Genève, elle a dit n’avoir observé aucune avancée depuis son arrivée.

Yanghee Lee, dont le mandat arrive à échéance dans moins de deux mois, avait été nommée par le Conseil des droits de l’homme, mais oeuvre comme experte indépendante. Alors que Mme Schraner Burgener, désignée par Antonio Guterres, représente l’ONU.

Les deux mandats “sont très différents”, a expliqué devant la presse la Sud-Coréenne. “Je n’ai observé aucune amélioration vers une société plus démocratique en Birmanie ou vers l’application de certaines recommandations que j’ai proposées”, a-t-elle toutefois insisté.

“C’est tout ce que j’ai à dire sur le bureau de l’émissaire”, a-t-elle ajouté. Nommée en 2018, Mme Schraner Burgener s’est rendue à plusieurs reprises en Birmanie où elle a notamment rencontré la cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi, largement ciblée pour sa réponse aux violations contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Appel à Aung San Suu Kyi

L’émissaire avait fait état de discussions “très constructives, ouvertes et amicales” avec celle-ci. De son côté, au lendemain de la présentation de son dernier rapport devant le Conseil des droits de l’homme, Mme Lee a appelé Mme Suu Kyi à montrer à la communauté internationale mais aussi à ses citoyens “qu’elle est sérieuse” concernant le basculement de son pays vers une société démocratique.

Cela alors que son parti de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) cherche plutôt à se maintenir au pouvoir, ajoute la Sud-Coréenne. Des élections législatives doivent avoir lieu en fin d’année.

En revanche, la rapporteuse spéciale et Mme Schraner Burgener sont d’accord sur le besoin d’établir des responsabilités dans les violences contre les Rohingyas et sur celui d’un dialogue national qui rassemble tous les acteurs. La première souhaite un tribunal spécial pour les responsables des violations.

Activités de milices visées

Mme Lee alerte également sur les activités de l’entreprise publique de pétrole et de gaz. Cette firme reste celle du pays pour laquelle les investissements d’acteurs étrangers sont les plus importants et elle est toujours associée aux militaires. De même, Mme Lee demande de surveiller les affaires économiques des milices, dont la plupart sont proches de l’armée.

La rapporteuse spéciale avait été parmi les premiers responsables internationaux à dénoncer un génocide présumé contre les Rohingyas. La Mission indépendante d’établissement des faits sur ce pays avait de son côté demandé des poursuites contre six hauts responsables de l’armée pour ce crime. Depuis 2017, les violences ont fait au moins 10’000 victimes. Plus d’un million de Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, dont plus de deux tiers après ces affrontements.

L’ONU avait dénoncé il y a quelques jours à Genève des efforts trop “lents” des autorités birmanes pour le rapatriement de ces personnes. Le Bangladesh a lui demandé aux Etats d’intercéder auprès du gouvernement.

Agence Télégraphique Suisse – 11 mars 2020

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