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Cambodge : un projet de parc d’attractions menace les temples d’Angkor

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L’Unesco a récemment exprimé son inquiétude concernant un projet d’aménagement touristique pharaonique… à quelques centaines de mètres des temples sacrés d’Angkor.

L’ancienne capitale de l’empire Khmer (IXe-XVe siècles) va-t-elle se transformer en immense complexe de loisirs ? C’est ce que craint l’Unesco, qui s’est ému, dans un communiqué, du projet touristique imaginé par le conglomérat chinois NagaCorp. Parc à thème, parc aquatique, hôtels, casino, centre de conférences, restaurants et autres spas sortiront de terre d’ici à 2025, lorsque le projet « Angkor Lake Of Wonder » sera inauguré… à seulement 500 mètres des temples sacrées d’Angkor.

Présenté en vidéoconférence lors de la réunion du Comité international de l’Unesco pour la conservation et le développement durable du site historique d’Angkor (CIC-Angkor), le projet a créé l’incompréhension chez les experts chargés des programmes de sauvegarde du site classé. En effet, pour l’Unesco, difficile d’imaginer combiner le caractère festif et ludique d’Angkor Lake of Wonder et l’empreinte sacrée des temples du plus vaste site bâti classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

La frénésie touristique à Angkor inquiète

Par ailleurs, le projet aurait sans doute un impact environnemental très important. « Sans doute », car aucune étude d’impact n’a été réalisée par NagaCorp. La société chinoise, qui exploite déjà plusieurs équipements de loisirs dans le pays, a simplement détaillé son intention d’utiliser le système hydraulique d’Angkor, très sophistiqué, pour rendre hommage au travail avant-gardiste des Khmers sur le site. En attendant, la diminution de la nappe phréatique continue d’inquiéter au Cambodge…

De façon plus globale, la frénésie touristique qui entoure Angkor menace directement le site. A Siam Reap, la ville la plus proche du site archéologique, on recense plus de 20 000 chambres d’hôtels. Angkor Lake of Wonder, en plus de menacer l’écosystème local, accentuerait les effets néfastes de cette explosion touristique (eau, déchets, …), tout en fragilisant les établissements hôteliers installés dans la ville.

Un projet suspendu… mais toujours d’actualité

Face à la polémique, le secrétaire d’état cambodgien Sum Mab, rattaché au Ministère de la Culture et des Beaux-Arts, a annoncé la suspension temporaire du projet. « Nous respectons les préoccupations du CIC et suivons ses directives », a déclaré Sum Mab. « Le gouvernement cambodgien donne toujours la priorité à la préservation des sites du patrimoine, et tout développement ou activité ayant un impact direct ou indirect sur ces sites ne serait pas autorisé. » a-t-il ajouté.

Pour autant, le projet Angkor Lake of Wonder n’est pas remis en question… « le projet est toujours à l’étude par les autorités gouvernementales et devra maintenant être modifié, puis examiné par le gouvernement et les experts du CIC pour s’assurer qu’il n’affecte pas le parc d’Angkor, » a déclaré Sum Mab. Au risque de voir l’Unesco déclasser l’un des sites archéologiques les plus iconiques d’Asie, si ce n’est du monde. Par exemple, le CIC-Angkor ne veut pas voir ce genre d’équipements à moins de 30 kilomètres du site.

L’Unesco a déjà déclassé deux sites par le passé. En 2007, le Comité du patrimoine mondial a retiré le sanctuaire de l’oryx arabe, au Sultanat d’Oman, de la liste suite à la décision du pays de réduire la taille de la zone protégée de 90%. La zone était inscrite depuis 1994. En 2009, la vallée de l’Elbe, à Dresde (Allemagne) avait également perdu sa classification après la construction d’un pont à quatre voies en plein cœur du paysage concerné.

Par Florian De Paola – L’écho touristique – 5 mars 2021

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