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Séisme en Birmanie : à Mandalay, «une odeur de mort insoutenable»

Une minute de silence a été observée ce mardi 1er avril en Birmanie en mémoire des plus de 2 700 personnes tuées dans le séisme. Quatre jours après le séisme, la situation dans la ville de Mandalay, proche de l’épicentre, est toujours très préoccupante pour les survivants qui redoutent de nouvelles répliques.

Les équipes de secouristes sur place manque de tout pour venir en aide aux survivants et leur organisation est rendue plus difficile par le manque de certains réseaux. État des lieux avec Otto Van Krugten, coordinateur de l’ONG Acted sur place.

RFI : Pouvez-vous témoigner de ce que vous avez vu, et donner un exemple qui vous a marqué ?

Tout le monde panique dès qu’on sent des répliques. Dans les zones touchées, les gens dorment à même les rues, même s’ils ont accès à leurs maisons où à des abris. À Mandalay, la plupart des gens n’ont plus confiance dans les constructions et la qualité de leur architecture, car même les bâtiments réputés solides se sont effondrés, comme des ponts.

Certains immeubles de six étages paraissent tenir debout, mais en se rapprochant, on réalise qu’ils faisaient neuf étages et que trois se sont effondrés. Et puis avec la chaleur, il y a aussi l’odeur insoutenable de la mort. Les gens dorment dehors, devant des maisons détruites, desquelles s’échappe l’odeur de putréfaction de leurs proches. Je crois que c’est ça le plus dur jusqu’à présent.

Quels sont les besoins prioritaires de la population ?

À Mandalay, la priorité numéro un, c’est l’eau. Le réseau de distribution, les tuyaux ont été cassés et les pompes ne peuvent pas alimenter l’ensemble de la ville. Nous avons un besoin urgent de pastilles pour désinfecter l’eau. Pareil pour les abris de fortune, car les gens dorment sur la route, devant leurs maisons, Parfois sous des bâches en plastiques, des parapluies, des parasols.

Il faut aussi des protections contre le soleil. Il fait près de 40°C, c’est la région la plus chaude de Birmanie et la période la plus chaude de l’année. Eh bien sûr, nous avons aussi un grand besoin de produits d’hygiène comme du savon, du dentifrice, des brosses à dents, car la majorité des commerces est fermée, et quand certains ouvrent, il y a d’énormes files d’attente qui se créées. À cause des routes détruites, l’approvisionnement est beaucoup plus lent et logiquement ça fait augmenter les prix.

Quels sont vos principaux défis pour aider la population, notamment en termes logistiques ?

Nous rencontrons beaucoup de problèmes avec les communications. Le réseau téléphonique est à terre, internet rame terriblement. À l’extérieur de Mandalay, là où on était hébergé, l’autre nuit ça allait, mais dès qu’on rentre dans la ville, on doit jongler avec deux ou trois cartes SIM selon l’endroit où l’on se trouve. Depuis samedi, de nombreuses équipes de secours arrivent en renfort dans la zone.

C’est très bien, bien sûr. Mais ça surcharge aussi les réseaux de communication déjà faibles et on a du mal à échanger sur qui fait quoi et où. Alors, on organise des réunions physiques pour mieux nous coordonner entre équipes et nous assurer de venir en aide au plus grand nombre de personnes, aussi bien dans la ville que dans les zones les plus affectées.

Radio France Internationale – 1er avril 2025

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