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Vietnam : l’emprisonnement critiqué de 3 journalistes à l’approche du congrès du Parti

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Trois journalistes vietnamiens ont été condamnés ce mardi lors d’un procès expéditif à Hô-Chi-Minh-Ville à des peines de 11 à 15 ans de prison pour avoir critiqué le régime communiste. Ces condamnations très sévères interviennent à l’approche du 13e Congrès du Parti unique qui se tiendra du 25 janvier au 2 février à Hanoï.

Le régime de Hanoï n’a pas frappé au hasard. Pham Chi Dung, Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh Tuan, membres de l’Association des journalistes indépendants du Vietnam, sont connus pour leurs plaidoyers en faveur de la démocratie.

Ils ont été reconnus coupables, lors d’un procès expéditif à Hô-Chi-Minh-Ville, d’avoir « fourni et diffusé des informations en ligne contre la République socialiste du Vietnam ». Ils ont aussi été condamnés pour avoir « régulièrement été en contact avec des opposants au régime » à l’intérieur et à l’extérieur du pays avant leur arrestation fin 2019 et mi-2020.

Les trois hommes ont reconnu avoir écrit des articles « pour soutenir la liberté d’expression et d’autres droits », mais ont démenti avoir diffusé des informations contre le régime communiste.

« Ces peines prononcées contre ces journalistes de l’association des journalistes indépendants du Vietnam sont extrêmement choquantes, dénonce Daniel Bastard, le responsable Asie-Pacifique pour Reporters Sans Frontières, au micro de Jelena Tomic, du service International de RFI. En effet, la peine de quinze ans de prison prononcée contre Pham Chi Dung, le président de l’association, est extrêmement lourde. Il faut savoir aussi que ces membres de l’association, pour les vétérans, sont des anciens militants. On leur fait payer leur liberté de ton et comment ils essaient de critiquer l’actuelle direction du parti communiste qui est complètement sclérosée. »

Logique de clan dénoncée

Les trois journalistes « ne sont pas contre le régime communiste en tant que tel, poursuit Daniel Bastard. Mais ils sont contre l’actuelle direction du parti communiste qui fonctionne comme une sorte de clique, de clan, sans que les militants du parti n’aient leur mot à dire sur la direction du pays et sur les décisions prises par le gouvernement. »

Les congrès du Parti communiste, qui ont lieu tous les cinq ans, permettent de renouveler les membres du comité central et du bureau politique, l’instance dirigeante suprême qui en est issue. « Un régime comme le Vietnam, à parti unique, voit d’un très mauvais œil que le Parti se réunisse comme il le fait tous les cinq ans, souligne le responsable de RSF, parce qu’il a peur qu’un débat ne naisse au sein même du Parti. Et c’est pourquoi, en amont de ce congrès, toute voix qui pourrait être dissidente ou qui pourrait inciter au débat au sein de la société, au sein du parti, doit être éteinte. »

« Déception » à Washington

Les États-Unis ont réagi en se disant « déçus » par ces peines. « Ces dures sentences sont les dernières d’une tendance inquiétante à des arrestations et des condamnations dirigées contre des citoyens vietnamiens exerçant leurs droits, a déclaré un porte-parole du département d’État américain. Nous appelons le gouvernement vietnamien à s’assurer que ses actions sont en phase avec les dispositions sur les droits humains de sa constitution et ses obligations internationales. »

170 prisonniers politiques sont actuellement incarcérés dans le pays, selon les données de l’ONG Amnesty International.

Radio France Internationale avec Agence France Presse – 6 Janvier 2021

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