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Sauver le delta du Mékong est désormais une priorité

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Les provinces de basse altitude du sud-ouest du Vietnam sont peut-être sur le point de sortir de la liste des endroits les plus menacés par le changement climatique et la folie humaine.

De Hanoï jusqu’aux racines du riz, le parti et le gouvernement semblent enfin véritablement engagés dans un programme d’adaptation complet et opportun : le plan du delta du Mékong.

Le delta du Mékong comprend 12 des 64 provinces du Vietnam ainsi qu’une partie du Cambodge au sud de Phnom Penh. La fertilité du delta est légendaire ; à chaque saison des pluies, le Mékong apporte du limon des montagnes de Chine et du Laos pour construire un delta qui s’étend maintenant, au Vietnam, sur 41 000 kilomètres carrés à une altitude moyenne de 1,5 mètre au-dessus de la marée haute de la mer environnante.

Au cours des XIXe et XXe siècles, des canaux ont été creusés, des marécages asséchés, des digues construites, un vaste projet d’ingénierie qui a permis d’optimiser le delta pour la production de riz. À la fin des années 1990, le Vietnam a défié la Thaïlande pour devenir le premier exportateur mondial de riz. Investis dans l’industrie manufacturière, les revenus des exportations de riz ont accéléré la transformation du Vietnam en un producteur de biens compétitif pour les marchés mondiaux.

Énormes investissements

C’était trop. Les énormes investissements dans les barrages et les digues conçus et construits pour maximiser la production de riz ont réduit la résilience hydrologique du delta et la capacité de ses agriculteurs à tirer profit des changements de l’environnement naturel. Bien que les scientifiques aient prévu que les mers allaient monter et que les conditions météorologiques allaient changer, les planificateurs, les politiciens et les fonctionnaires du ministère vietnamien de l’agriculture et du développement rural (MARD) ont tardé à reconnaître que la politique du riz d’abord devenait non durable.

Lutte contre les inondations

Puis, en 2009, les responsables de l’aide néerlandaise ont proposé de partager l’expérience de leur pays en matière de lutte contre les inondations. Des discussions informelles ont commencé entre les experts néerlandais et les responsables du MARD et du ministère des ressources et de l’environnement (MONRE). Contrairement à de nombreux experts étrangers, les participants néerlandais au dialogue sur le plan du delta du Mékong (MDP) ont été patients et ont apporté une expérience pertinente. Et, bien que le MARD et le MONRE soient des rivaux naturels, les Néerlandais ont su maintenir l’engagement productif des deux groupes d’homologues.

En 2013, le groupe a publié son rapport. Il était ambitieux. Tout devait changer, y compris la politique du riz d’abord, chère à Hanoï.

Le rapport soutient que les problèmes du delta ne peuvent pas être résolus en construisant toujours plus de digues et d’écluses. Il a plaidé en faveur de l’adaptation aux inondations saisonnières et, à la fin de la mousson, de la transformation de l’infiltration d’eau saumâtre en une bonne chose en élevant des crevettes au lieu de riz.

Rôle de la banque mondiale

La Banque mondiale a fait part de son intérêt à piloter, au Vietnam, un programme d’adaptation globale au changement climatique, mais le rapport s’est néanmoins fait attendre. Le Parti communiste vietnamien était préoccupé par une lutte acharnée entre les factions. Ce n’est qu’en 2016 qu’un nouveau groupe de dirigeants pourra se concentrer sur les propositions des experts. Par coïncidence, une sécheresse épique ravageait la récolte de riz de l’hiver et du printemps.

Puis, fin 2017, deux documents ont signalé que le parti-État pourrait adopter à la fois l’analyse prescriptive du PDM et une collaboration exceptionnellement étroite avec les “partenaires de développement” étrangers. Le premier était la résolution 120, une orientation politique de haut niveau sur “le développement durable et résistant au climat du delta du Mékong au Vietnam”. Ce document reconnaît que le mode de vie dans le delta est mis à mal non seulement par le changement climatique et les dommages causés par la construction de nombreux barrages en amont, mais aussi par les conséquences de décisions gouvernementales à courte vue prises dans le passé. Les ministères devaient élaborer une réponse coordonnée conformément aux concepts énoncés dans le PDM.

Le second document, une loi révisée sur la planification, a mandaté le ministère de la planification et des investissements (MPI) pour mettre en œuvre une planification multisectorielle au niveau régional. En d’autres termes, les planificateurs et les décideurs politiques ont été habilités à traiter le delta comme un tout cohérent. Le treizième congrès du parti communiste, qui s’est achevé le 1er février, vient enfin de valider cette stratégie.

Gavroche-thailande.com – 14 février 2021

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