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La fratrie milliardaire Mikati va investir 330 millions de dollars dans Myanmar Telecom

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La société d’investissement libanaise M1 Group, qui appartient au Premier ministre désigné Nagib Mikati et à son frère Taha, s’est engagée à investir 330 millions de dollars sur trois ans dans l’expansion de Myanmar Telecom, l’un des plus gros opérateurs de télécommunications de Birmanie, que M1 Group a racheté début juillet, selon une information publiée samedi par l’agence Bloomberg.

Les fonds seront utilisés pour améliorer les infrastructures et services de réseau, a précisé Azmi Mikati, fils de Taha, à l’agence. « Au lieu de craindre des environnements compliqués, nous nous engageons à soutenir les gens qui y vivent en leur offrant un service de haute qualité, quelle que soit la situation politique », a-t-il ajouté. Des propos qui, s’ils n’étonnent pas, risquent néanmoins de faire grincer les dents au Liban, où la population patauge dans une crise économique et financière depuis deux ans et où les pénuries en matières premières et services de base sont légion.

L’entreprise des Mikati avait acheté Myanmar Telecom et ses quelque 18 millions d’abonnés pour 105 millions de dollars après le désengagement du groupe norvégien de télécoms Telenor, suite au coup d’État militaire en Birmanie. Le Premier ministre désigné et son frère sont soupçonnés de liens avec la junte militaire birmane, M1 figurant sur la liste noire établie par le mouvement Burma Campaign UK, qui recense les entreprises internationales faisant des affaires avec les militaires birmans. Selon un rapport de 2019 du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, la société détient des parts dans Irrawaddy Towers Asset Holding, une entreprise qui loue des tours télécoms à la Myanmar Economic Corporation, détenue par l’armée.

Arguant de fraudes lors d’élections législatives largement remportées par son parti, l’armée birmane a évincé la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi le 1er février, lors d’un coup d’État qui a provoqué des manifestations durement réprimées. Le putsch a aussi intensifié les tensions entre les militaires et certains des nombreux groupes ethniques qui composent le pays, où les connexions internet et les flux de données ont par moments été très perturbés pour empêcher la contestation de s’organiser et la population de s’informer. Depuis le putsch, qui aura fait des centaines de morts et des milliers de blessés du côté des civils et des manifestants selon un rapport des Nations unies datant d’avril dernier, les entreprises internationales sont sous pression pour se retirer de Birmanie, où l’armée contrôle une partie du tissu économique.

En tête du classement local du magazine Forbes Middle East de 2021 publié en avril dernier, les frères Nagib et Taha Mikati, qui dirigent tous deux le fonds d’investissement M1 Group, possèdent chacun une fortune estimée à 2,5 milliards de dollars. Le premier a réussi à accroître sa fortune de 400 millions de dollars en un an, alors que celle de son frère a augmenté de 300 millions de dollars sur cette même période. Des hausses qui leur ont permis de gagner respectivement une et trois places au niveau régional, finissant sixièmes ex-aequo, et de camper tous les deux également au 1 249e rang au niveau mondial. Figure de la politique libanaise depuis des années, Nagib Mikati a été désigné pour former un nouveau gouvernement il y a plus d’un mois, mais il n’y est toujours pas parvenu malgré les pressions internationales continues et pour lesquelles il s’agit de la première condition pour aider financièrement le Liban à se relever d’une crise qui n’en finit plus.

Par Mireille Kang – L’orient Le Jour – 6 septembre 2021

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