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Le Premier ministre cambodgien attendu en Birmanie pour rencontrer le chef de la junte

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Onze mois après le coup d’État militaire, la Birmanie continue de s’enfoncer dans le chaos. Onze mois au cours desquels la communauté internationale a montré des difficultés à adopter des mesures concrètes face à la crise. En Asie du Sud-Est, le Premier ministre cambodgien dit pourtant continuer de croire à une résolution du conflit par le dialogue. 

Hun Sen est attendu en Birmanie les 7 et 8 janvier prochains, mais sa venue est loin d’être plébiscitée. Le Premier ministre cambodgien sera le premier chef de gouvernement étranger à se rendre en visite officielle en Birmanie depuis le coup d’État.

Il doit s’y entretenir avec le général putschiste Min Aung Hlaing. Une rencontre qui suscite la colère de nombreux Birmans. Beaucoup perçoivent la visite comme une normalisation des relations avec le gouvernement non élu. Le mécontentement s’exprime sur les réseaux sociaux où certains sont allés jusqu’à poster des photos où le portrait de Hun Sen est brulé et piétiné avec celui du général Min Aung Hlaing. À une centaine de mètres de l’ambassade du Cambodge à Rangoun, deux bombes artisanales ont également explosé vendredi dernier, sans faire de victime.

La Birmanie exclue de l’ASEAN

Avec la nouvelle année, le Cambodge a pris la présidence tournante de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est. Alors, face aux critiques sur sa venue en Birmanie, Hun Sen a donc rétorqué « Si nous ne collaborons pas avec les autorités birmanes, avec qui pouvons-nous collaborer ? », rappelant que la Birmanie est un État membre de l’ASEAN. En avril dernier, un consensus en cinq points, demandant notamment l’arrêt des violences, avait été atteint par le bloc asiatique. Mais, sans calendrier ou menace de sanction, il est pour l’instant resté sans effet.

Faute d’évolution positive, le groupe a exclu la Birmanie de son dernier sommet au mois d’octobre. Une décision sans précédent. La volonté de Hun Sen de ramener le pays à la table des discussions va donc à contrecourant de la stratégie jusque-là affichée par l’ASEAN.

L’ASEAN veut une solution pacifique à la crise en Birmanie

Il faut peut-être rappeler que les régimes politiques de la majorité des 10 États membres de l’ASEAN se sont endurcis ces dix dernières années. La dégradation des libertés n’a pourtant pas été suivie de conséquences notables sur le plan international. Le Premier ministre du Cambodge lui-même détient le record de longévité dans la région avec 36 années au pouvoir et est habitué aux critiques émanant d’organisations étrangères, alors que le Cambodge est aujourd’hui un pays de facto à parti unique.

Malgré le consensus en cinq points adopté par l’ASEAN, en juin dernier, 4 de ses 10 membres, dont le Cambodge, s’étaient abstenus de voter en faveur d’une résolution de l’ONU condamnant le coup d’État. Le revirement de Hun Sen est ainsi révélateur de dissensions déjà existantes au sein du bloc. Il souligne également la difficulté de l’ASEAN à faire front uni sur des questions géopolitiques, dont la Birmanie n’est qu’un autre exemple.

Par Juliette Buchez – Radio France Internationale – 3 janvier 2022

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