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Birmanie : démonstration de force de la junte pour les 75 ans de l’indépendance

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Chars d’assaut, lance-missiles et blindés ont parcouru ce mercredi les rues de Naypyidaw, la capitale établie par les militaires.

Les troupes birmanes ont défilé ce mercredi dans les rues de Naypyidaw, la capitale établie par les militaires, pour célébrer le 75e anniversaire de l’indépendance de cette ancienne colonie britannique, quelques jours après que la dirigeante déchue Aung San Suu Kyi a été condamnée à un total de 33 ans de prison.

À l’aube, des chars d’assaut, des lance-missiles et autres véhicules blindés ont parcouru les rues de la capitale, ont constaté des correspondants de l’AFP, donnant le coup d’envoi d’une parade militaire. Des fonctionnaires et des lycéens ont suivi les troupes, accompagnés par une fanfare militaire, tandis que 750 colombes de la «paix» ont été lâchées pour marquer l’occasion, selon les médias d’État.

«Imposture», selon Washington

Dans un discours adressé aux troupes, le chef de la junte Min Aung Hlaing a accusé des pays, sans les nommer, d’«intervenir dans les affaires intérieures de la Birmanie» depuis le coup d’État de février 2021. Il a également expliqué que l’armée rencontrait en ce moment des partis politiques pour discuter de «l’organisation des élections avec le système de représentation proportionnelle», sans donner davantage de précisions.

La junte birmane, qui a récemment conclu une série de procès à huis clos contre Aung San Suu Kyi, se prépare à de nouvelles élections qui se tiendront plus tard dans l’année, et qui ont déjà été qualifiées d’«imposture» par les États-Unis. Selon des experts, la junte pourrait abandonner le système uninominal majoritaire à un tour par lequel le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avait remporté d’écrasantes majorités en 2015 et 2020.

Le président russe Vladimir Poutine, proche allié et fournisseur d’armes de la junte militaire birmane, a adressé ses «salutations sincères» et prédit le «développement futur» de leurs relations. Isolée du reste du monde, la junte birmane avait jugé «justifiée» l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Une grande partie de ce pays d’Asie du Sud-Est est en proie depuis le putsch à des affrontements entre la junte et des milices locales qui ont pris les armes contre les militaires.

Auparavant, la fête nationale birmane était marquée par de nombreux rassemblements festifs dans les parcs et les espaces publics du pays. Mais depuis le coup d’État militaire de 2021, les célébrations à l’occasion de jours fériés ont été largement réduites, des habitants restant à leur domicile en signe de protestation contre la junte. Des correspondants de l’AFP ont constaté un renforcement de la sécurité dans le cœur commercial du pays, la ville de Rangoun, qui a été frappée par une série d’attentats à la bombe ces derniers mois. L’ambassade des États-Unis a mis en garde mercredi contre une «augmentation potentielle des attaques, des tirs ciblés ou des explosions».

Moine extrémiste

En amont du 75e anniversaire de l’indépendance de la Birmanie, la junte a décerné des centaines de prix et de médailles à ses soutiens, notamment à un moine extrémiste connu pour son rôle dans l’incitation à la haine religieuse dans le pays, en particulier envers les Rohingyas.

Ashin Wirathu, que l’hebdomadaire américain Time avait surnommé «le Ben Laden bouddhiste» à la suite d’émeutes communautaires meurtrières, s’est vu décerner mardi le titre de «Thiri Pyanchi» en vertu de son «travail exceptionnel pour le bien de l’Union de Birmanie». Après avoir été emprisonné par le gouvernement d’Aung San Suu Kyi pour «discours séditieux», Ashin Wirathu a été libéré par la junte militaire, qui a retiré toutes les charges retenues contre lui. À l’époque, l’armée avait justifié son coup d’État de 2021 en assurant avoir découvert des millions de bulletins irréguliers lors du dernier vote, considéré comme globalement libre par des observateurs internationaux.

Ancienne colonie britannique, la Birmanie a déclaré son indépendance le 4 janvier 1948 au terme d’une longue lutte conduite par le général Aung San, le père d’Aung San Suu Kyi.

Le Figaro avec Agence France Presse – 4 janvier 2022

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