Héritage du vietnamien en Nouvelle-Calédonie
Dinh Ngoc Riêm, consul d’honneur du Vietnam en Nouvelle-Calédonie, est non seulement le gardien de la langue maternelle au sein de la communauté vietnamienne dans ce département français d’outre-mer, mais aussi un symbole de l’amour pour la culture et les racines nationales.
Né et grandi sur l’île de Nouvelle-Calédonie, Dinh Ngoc Riêm (Jean-Pierre Dinh) a toujours maintenu un lien fort avec son pays natal à travers la langue vietnamienne, héritage transmis par ses parents. Au cours de ses 15 années d’engagement, il a non seulement aidé la communauté vietnamienne, mais a également transmis les valeurs culturelles vietnamiennes aux générations futures.
Ne pas oublier ses racines
Les parents de M. Riêm ont quitté le Vietnam à la fin des années 1930, emportant avec eux les souvenirs de leur pays d’origine vers la Nouvelle-Calédonie, une île française située dans le Pacifique. Dans leur famille, ses parents ont toujours rappelé à leurs enfants de ne pas oublier leur langue maternelle.
“Ma mère me répétait : +Enfant chéri, n’oublie pas ta langue maternelle et n’oublie pas d’enseigner le vietnamien à tes enfants plus tard+”, partage M. Riêm. Son père, un homme strict, exigeait que ses enfants utilisent le vietnamien dans toutes les activités familiales.
Il se souvient d’un moment amusant lié à l’apprentissage du vietnamien. On lui avait dit que l’expression “thổi cơm” (souffler le riz) n’était plus utilisée, et qu’on ne disait plus que “nấu cơm” (faire cuire le riz). Cependant, lors d’un voyage au pays, en voyant des proches souffler sur le feu pour cuire le riz sur de la paille, il a compris le lien étroit entre l’expression “thổi cơm” et la vie des Vietnamiens.
Bien qu’il parle vietnamien couramment, il se décrit comme “nul” en vietnamien en raison de ses compétences limitées en lecture et en écriture.
“Je regrette toujours de ne pas avoir appris le vietnamien de manière formelle quand j’étais petit”, confie-t-il. De plus, M. Riêm “parle activement vietnamien partout où il va”, que ce soit lors de ses retours au pays ou en rencontrant des Vietnamiens à l’étranger.
Quinze ans d’engagement inlassable
En 2016, M. Riêm a été nommé consul d’honneur du Vietnam en Nouvelle-Calédonie, avec son bureau établi à Nouméa. Cependant, son amour et son dévouement envers la communauté vietnamienne ont débuté 15 ans auparavant, lorsqu’il a surmonté de nombreuses difficultés pour soutenir ses compatriotes gratuitement.
“Je n’aide que par bonté, je ne prends jamais d’argent. Peu importe que les gens soient riches ou pauvres, je les aide tous. Parfois, faire des démarches administratives pour eux me coûte même de l’argent, car je dois imprimer des documents supplémentaires”, confie-t-il.
Son engagement et sa réputation sont respectés par les autorités locales. Une nuit, la police l’a contacté après avoir découvert un Vietnamien sans papiers. Il a aidé à trouver un logement et à compléter les formalités le lendemain matin. Il a également préparé des repas pour des pêcheurs vietnamiens en situation difficile.
“Ils n’étaient pas habitués à la cuisine française, alors j’ai personnellement préparé du riz pour eux”, se souvient-il.
Actuellement, M. Riêm travaille avec l’ambassade de France au Vietnam pour résoudre les problèmes de visas des travailleurs vietnamiens en Nouvelle-Calédonie. Bien qu’ils soient autorisés à travailler, beaucoup rencontrent des difficultés lors de la demande de visa.
Selon M. Riêm, environ 3.000 Vietnamiens résident actuellement en Nouvelle-Calédonie. Personne ici n’est dans le besoin. La moitié d’entre eux n’a pas encore la nationalité française, tandis que l’autre moitié l’a déjà, mais souhaite posséder un passeport vietnamien. Ceux ayant la nationalité française en particulier désirent un passeport vietnamien pour retourner chez eux à la retraite.
Avec un profond amour pour sa langue maternelle, M. Riêm prépare l’ouverture d’un cours de vietnamien gratuit au consulat pour les enfants de la communauté. Il a reçu le soutien du ministère des Affaires étrangères, qui lui a offert environ 200 livres de vietnamien.
“Je souhaite ardemment améliorer mes compétences en vietnamien et j’espère que mes enfants continueront à parler cette langue. Le mois prochain, je vais établir un cours de vietnamien pour les enfants au consulat. J’ai trouvé une enseignante, et les enfants qui viendront ici bénéficieront de cours gratuits”, partage-t-il avec passion.
De retour au Vietnam pour participer au programme “Xuân quê huong” (Printemps au pays natal) 2025, M. Riêm est ému de retrouver des compatriotes venus du monde entier. Il croit fermement que renforcer les liens au sein de la communauté vietnamienne à l’étranger contribuera à bâtir un pays de plus en plus fort.
Par Thanh Hiên & Phuong Nga – Le courrier du Vietnam – 23 février 2025
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