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La Birmanie pleure son patrimoine dévasté par le séisme

La secousse a détruit plus de 3 000 monastères et couvents, ainsi qu’au moins 5 000 pagodes, selon la junte birmane au pouvoir.

Le séisme meurtrier de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie le 28 mars a emporté des siècles de patrimoine religieux : des statues de Bouddha, des stupas, et la pagode blanche immaculée du temple Nagayon à Mandalay (centre), à l’instar d’autres sites historiques. La secousse a décapité la sculpture du serpent sacré, symbole de protection dans la mythologie bouddhique.

Le tremblement de terre, d’une puissance inégalée en Birmanie depuis plusieurs décennies, a tué plus de 3 700 personnes, et laissé plus de deux millions d’autres dans un état de « besoin critique » selon les Nations unies, dans un pays déjà exsangue en raison du conflit civil ravivé par le coup d’État de février 2021.

Patrimoine historique perdu

Le glissement de la faille de Sagaing, qui traverse la Birmanie du nord au sud, a détruit plus de 3 000 monastères et couvents, ainsi qu’au moins 5 000 pagodes, selon la junte. Il est difficile de mesurer l’ampleur du patrimoine perdu dans les décombres.

Mandalay, capitale culturelle du pays, et les villes voisines de Sagaing et Inwa, toutes proches de l’épicentre, sont d’anciens lieux de pouvoir qui témoignent du prestige de la monarchie birmane. Le dernier roi de Birmanie régnait depuis Mandalay, jusqu’à l’annexion par les Britanniques en 1885.

Les crénelages de l’ancien palais royal sont tombés par endroits, de même que certains ornements. À un kilomètre de là, un pont de l’époque coloniale s’est effondré dans le fleuve Irrawaddy.

Inwa, anciennement appelée Ava, a servi de capitale pendant presque 360 ans jusqu’à ce qu’un séisme en 1839 de magnitude 8,2 décide la cour à s’installer ailleurs. Trois quarts des bâtiments historiques répertoriés au sein d’une « zone d’héritage culturel ancien » ont été endommagés par les secousses de 2025, ont constaté les autorités.

« Les vieilles choses possèdent le plus de valeur », explique sur place le moine Thu Nanda, âgé de 49 ans. « La perte de patrimoine historique nous brise le cœur. Même si nous pouvions le réparer, les gens ne pourront pas ressentir la même chose que si c’était l’original. On ne peut pas restaurer » le cachet ancien du site, poursuit-il. « Je pense que la perte de notre patrimoine ne va pas seulement affecter notre pays, mais aussi le monde entier« , estime-t-il.

Un Bouddha de 8 mètres indemne

Les pluies attendues prochainement, marquant le début de la mousson, vont compliquer le travail de recherche de restes humains sous les décombres, qui demeurent la priorité des autorités. La reconstruction du patrimoine détruit reste encore à débattre. Les Birmans sont habitués aux destructions de grande échelle, entre frappes aériennes et sièges d’espaces urbains, rythmant la guerre civile qui a tué des milliers de civils et déplacé plus de 3,5 millions de personnes.

Pour autant, Thein Myint Ko assure « n’avoir jamais vu une telle tragédie en 65 ans de vie« , en examinant ce qu’il reste de la pagode Lawka Tharaphu, vieille de trois siècles. Des fissures lézardent la stupa dorée, alors que des travailleurs creusent dans les montagnes de débris. « Je suis dévasté« , dit-il.

Pour autant, une statue monumentale de marbre de huit mètres représentant Bouddha est en grande partie indemne : son halo d’or a été brisé et sa base craquelée, mais son expression sereine n’a pas été affectée. « Personne n’a été blessé et l’image du Bouddha a survécu« , remarque un homme qui nettoie les débris au pied de la statue. « Cette pagode est tellement bénie. »

Radio Franceinfo avec Agence France Presse – 28 avril 2025

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