Le Cambodge accuse la Thaïlande d’occuper son sol
Phnom Penh accuse l’armée thaïlandaise de violer le cessez-le-feu et d’occuper plusieurs zones frontalières, empêchant le retour de milliers de civils déplacés, notamment à Banteay Meanchey.
Le gouvernement cambodgien accuse l’armée thaïlandaise de violer le cessez-le-feu signé le 27 décembre 2025, en maintenant une présence militaire dans plusieurs zones frontalières et en empêchant le retour de milliers de civils déplacés, notamment dans la province de Banteay Meanchey.
Des positions militaires maintenues malgré la trêve
Selon les autorités cambodgiennes, la situation reste particulièrement tendue dans la zone de Boeung Trakuon, où des forces thaïlandaises auraient déployé des barbelés et des engins de chantier, et installé des conteneurs maritimes. Les Thaïlandais bloqueraient ainsi l’accès à plusieurs villages, en contradiction avec les engagements pris lors de l’accord de cessez-le-feu.
Le gouverneur de la province de Banteay Meanchey, Oum Reatrey, affirme que cette zone, qui englobe quatre villages, a été encerclée en violation du droit international. Les autorités provinciales estiment que la zone contestée couvre 292 hectares de terres revendiquées par le Cambodge.
Villages détruits et populations déplacées
Dans les villages de Prey Chan et Chouk Chey, situés dans la commune d’O’Beichoan, district d’O’Chrov, près de 1 000 familles déplacées ne peuvent toujours pas regagner leur domicile. Selon des témoignages, l’accès aux villages est bloqué par des soldats thaïlandais à l’aide de conteneurs et de barbelés, tandis que certaines parties des deux localités auraient été presque entièrement détruites à la suite de bombardements et de tirs d’artillerie récents.
Une protestation officielle adressée à la communauté internationale
Dans une déclaration rendue publique le 3 janvier, le ministère cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a dénoncé des violations commises par la Thaïlande dans 14 zones réparties sur quatre provinces : Banteay Meanchey, Pursat, Preah Vihear et Oddar Meanchey.
Le ministère affirme que, même après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, des forces armées thaïlandaises ont maintenu une présence militaire dans des zones situées incontestablement en territoire cambodgien, y menant des opérations et procédant à la démolition de structures civiles et culturelles.
Phnom Penh estime que ces actions constituent une violation du droit international, notamment de la Charte des Nations unies et des Conventions de Genève, qui interdisent le recours à la force, la destruction de biens civils et l’acquisition de territoire par la contrainte militaire.
Appel au retrait des forces et au règlement pacifique
Le gouvernement royal du Cambodge exige le retrait immédiat de l’ensemble du personnel et du matériel militaires thaïlandais de son territoire, ainsi que le respect strict de la frontière légalement établie sur la base des accords de 1904 et 1907. Il appelle également au respect du mandat des commissions conjointes de délimitation des frontières.
Tout en réaffirmant son engagement en faveur d’un règlement pacifique du différend frontalier, Phnom Penh insiste sur le principe selon lequel les frontières ne sauraient être modifiées par la force et appelle la communauté internationale à encourager le respect du droit international.
Lepetitjournal.com – 5 janvier 2026
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