Impôts 2026 en Thaïlande : ce que le CRS change vraiment pour les expatriés
Alors que la Thaïlande applique pleinement la norme internationale CRS, de nombreux expatriés craignent une hausse de leur fiscalité en 2026.
Pourtant, si la transparence financière s’est renforcée, les règles fondamentales n’ont pas changé : ce n’est pas le transfert d’argent qui est imposé, mais la nature réelle des fonds.
Les explications du journal Pattaya Mail :
Alors que la Thaïlande s’achemine vers 2026, peu de sujets ont suscité autant de discussions parmi la communauté des expatriés que la fiscalité.
En particulier l’interaction entre la norme commune de déclaration (CRS) et le traitement révisé des fonds étrangers entrant dans le pays.
Cependant, ces discussions sont davantage motivées par l’inquiétude que par la loi.
En y regardant de plus près, on constate que si la visibilité des informations financières s’est indéniablement accrue, les principes fondamentaux de l’impôt sur le revenu des particuliers en Thaïlande n’ont pas fondamentalement changé.
La transparence a augmenté, mais pas l’assiette fiscale
La participation de la Thaïlande au CRS la place fermement dans un cadre mondial d’échange automatique d’informations financières.
Concrètement, cela signifie que les autorités fiscales thaïlandaises peuvent désormais recevoir des informations relatives aux comptes bancaires offshore, aux revenus d’intérêts et à certains rendements d’investissement détenus par des résidents fiscaux thaïlandais.
Ce que le CRS ne fait pas, c’est redéfinir ce qui constitue un revenu imposable.
En vertu de la loi thaïlandaise, l’impôt est prélevé sur le revenu, et non sur le capital.
Le simple fait de transférer de l’argent en Thaïlande ne crée pas en soi une obligation fiscale.
Le facteur déterminant reste la nature des fonds, et non leur mouvement.
Les économies accumulées au cours des années précédentes, les capitaux déjà imposés à l’étranger, les héritages et autres recettes non liées au revenu ne deviennent pas automatiquement imposables simplement parce qu’ils sont transférés en Thaïlande.
La règle relative aux transferts d’argent dans son contexte
Les récentes modifications apportées au traitement des revenus provenant de l’étranger ont donné lieu à de nombreux malentendus.
Pour les résidents fiscaux thaïlandais qui passent généralement plus de 180 jours dans le pays, les revenus étrangers transférés en Thaïlande peuvent être soumis à l’impôt, quelle que soit la date à laquelle ils ont été gagnés.
Cette règle ne s’applique toutefois qu’aux revenus tels que définis dans le Code des impôts.
Elle ne transforme pas tous les transferts entrants en revenus imposables.
Dans la pratique, cela n’entraîne pas un élargissement du champ d’application de l’impôt, mais une attente accrue de la part des contribuables quant à leur capacité à identifier et à expliquer la nature des fonds qu’ils transfèrent.
Le CRS, un outil de conformité et non un mécanisme de perception
Le CRS est souvent décrit comme un « système de perception fiscale ».
Cette description est inexacte.
Il s’agit plutôt d’un cadre de conformité et de vérification.
L’existence de comptes offshore ou de revenus d’investissements étrangers ne déclenche pas en soi l’imposition.
Ce que le CRS change, c’est l’hypothèse selon laquelle ces informations sont hors de portée des autorités fiscales.
Dans ce contexte, la documentation et la cohérence sont importantes.
Les positions fiscales qui sont justifiables, documentées et conformes à la législation en vigueur restent défendables.
Impôts étrangers payés et accords de double imposition
La Thaïlande continue d’honorer son vaste réseau d’accords de double imposition (ADI).
Les revenus qui ont été imposés à l’étranger peuvent, selon le traité et les circonstances, être exonérés en Thaïlande ou donner droit à des crédits d’impôt étrangers.
Le défi pour de nombreux expatriés n’est pas l’absence de protection juridique, mais la gestion pratique des preuves garantissant que les paiements d’impôts étrangers, les classifications de revenus et le calendrier sont clairement attestés.
Il s’agit d’une question administrative et non d’un changement substantiel des droits fiscaux.
Visas LTR et harmonisation des politiques
Il convient également de noter que la Thaïlande a choisi de ne pas appliquer ces principes de manière uniforme à toutes les catégories de visas.
Les titulaires de visas de résident de longue durée (LTR) continuent de bénéficier d’exonérations pour les revenus provenant de l’étranger et transférés en Thaïlande, ce qui reflète un choix politique délibéré plutôt qu’une faille.
Qu’est-ce qui a réellement changé en 2026
Au-delà des spéculations, les changements auxquels sont confrontés les expatriés peuvent être résumés simplement :
- Les informations financières sont plus visibles
- La charge de la preuve incombe davantage au contribuable
- Les arrangements informels ou mal documentés sont moins avantageux qu’auparavant
Aucun de ces changements ne constitue une dérogation au droit fiscal établi.
Ils reflètent plutôt une évolution vers plus de clarté administrative et un alignement international.
Une année pour mettre de l’ordre, pas pour s’alarmer
2026 n’est pas l’année où la Thaïlande a décidé de taxer plus agressivement les expatriés.
C’est l’année où l’incertitude et l’ambiguïté sont devenues moins tenables.
Pour ceux dont les finances sont correctement structurées et documentées, peu de choses ont changé en substance.
Pour les autres, le message n’est pas de paniquer, mais de se préparer.
Après tout, la transparence ne crée pas d’impôt, elle révèle simplement s’il était dû au départ.
Toutelathailande.fr avec Pattaya Mail – 12 janvier 2026
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