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La santé mentale au Vietnam : état des lieux et perspectives

La santé mentale, longtemps reléguée au second plan, s’impose aujourd’hui comme une urgence de santé publique. Si plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent avec des troubles psychologiques, le Vietnam n’échappe pas à cette tendance, en particulier depuis la pandémie de Covid-19. 

Face à une demande croissante de soins et à un manque de spécialistes, le pays met en place des politiques de prévention et des coopérations internationales pour répondre à ce défi majeur.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la santé mentale est un état de bien-être essentiel qui permet aux individus de faire face au stress, d’apprendre, de s’épanouir et de contribuer à leur communauté. Pourtant, plus d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de troubles comme l’anxiété ou la dépression. Ils constituent la deuxième cause d’invalidité à long terme et touchent tout le monde. L’OMS appelle à des réformes urgentes : financement équitable, formation de personnels spécialisés et développement de soins de proximité. 

Une population vietnamienne aussi touchée

Au Vietnam, la situation reflète ces défis mondiaux. Près de 15 millions de Vietnamiens, soit environ 15% de la population, présentent un trouble mental courant, qu’il s’agisse de dépression ou d’anxiété. Les enfants et adolescents sont particulièrement vulnérables : selon l’UNICEF, un jeune sur cinq connaît des problèmes psychologiques, mais seuls 5% des parents reconnaissent le besoin d’un soutien.

L’usage intensif des réseaux sociaux, qualifié d’endémique dans le pays, et l’ampleur du harcèlement et de la cyberintimidation accentuent les difficultés. 

Un accès aux soins limité

Si la prise de conscience s’accroît, l’accès aux soins demeure restreint. Selon le ministère de la Santé, seuls certains hôpitaux disposent de spécialistes en psychiatrie, ce qui limite l’offre dans les provinces. Seuls 29% des patients reçoivent un traitement officiel, et un tiers des personnes souffrant de dépression accèdent aux soins nécessaires.

Les obstacles sont multiples : la stigmatisation, le manque de ressources locales et la pénurie de spécialistes. Avec seulement 143 psychologues cliniciens et thérapeutes, le Vietnam compte en effet l’un des taux de spécialistes les plus bas d’Asie du Sud-Est. 

Les initiatives nationales et les coopérations internationales

Pour répondre à ces enjeux, le Vietnam a adopté un plan national de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles et les troubles mentaux. Ce programme vise à renforcer la prévention, élargir le dépistage, améliorer les traitements et développer les systèmes de suivi. Des coopérations internationales viennent compléter ces efforts, notamment le partenariat Wallonie-Bruxelles avec le ministère vietnamien de la Santé, qui apporte depuis neuf ans une expertise en pédopsychiatrie et en psychothérapie. Des équipes belges se rendent régulièrement sur place pour proposer des supervisions, formations et outils de diagnostic innovants. 

Avec l’implication croissante des institutions, des professionnels et de la société civile, le Vietnam poursuit ses efforts pour répondre à un défi mondial qui n’épargne aucun pays.

Par Lilas Corneloup – Lepetitjournal.com – 14 janvier 2026

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