Des étrangers demandent l’aide de leur ambassade après leur départ de Sihanoukville
Dans le sillage de l’arrestation de Chen Zhi, des dizaines de ressortissants étrangers se sont rassemblés devant les ambassades d’Indonésie et de Chine à Phnom Penh, certains affirmant avoir fui des centres d’escroquerie en ligne à Sihanoukville.
Dans les jours qui ont suivi l’arrestation de Chen Zhi, patron du Prince Group, et la diffusion de vidéos montrant des travailleurs présumés de centres d’escroquerie fuyant des casinos et des immeubles, des groupes de personnes ont été observés devant plusieurs ambassades à Phnom Penh. Ils semblaient chercher de l’aide pour rentrer dans leur pays d’origine, certains affirmant avoir été contraints de travailler dans des complexes soupçonnés d’abriter des opérations d’escroquerie en ligne à Sihanoukville.
Hier Dimanche 18 janvier, des dizaines de ressortissants étrangers se tenaient devant les ambassades d’Indonésie et de Chine. Beaucoup étaient venus avec leurs bagages, prêts à partir immédiatement.
Devant l’ambassade d’Indonésie
Alors qu’ils attendaient l’ouverture des portes de l’ambassade d’Indonésie, des ressortissants indonésiens ont trouvé refuge dans le jardin, certains s’allongeant à l’ombre. Leur présence intervient dans un contexte de vidéos devenues virales montrant des personnes quittant des casinos et de grands bâtiments à Sihanoukville et dans d’autres provinces, des lieux depuis longtemps soupçonnés par des organisations de surveillance d’être liés à des escroqueries en ligne.
Pour certains, l’attente s’est prolongée pendant plus de huit heures.
Parmi eux, Tambah Akun, un ressortissant indonésien, s’est confié à CamboJA News à l’aide de Google Traduction. Il a décrit son évasion comme « chaotique », évoquant un « départ massif » avec d’autres personnes depuis le bâtiment où il affirme avoir été contraint de travailler.
Après leur fuite de Sihanoukville, le groupe a mis trois jours pour rejoindre Phnom Penh afin de solliciter l’aide de leur ambassade.
« Je suis ici pour demander de l’aide afin de rentrer chez moi », a-t-il déclaré.
Des accusations de conditions de travail violentes
Akun affirme que lui et ses collègues ont été soumis à des conditions de travail particulièrement dures, incluant du travail non rémunéré, de longues heures et des violences physiques. Il soutient que toute tentative de fuite était sanctionnée.
« Il y avait beaucoup de pression. Nous travaillions en heures supplémentaires. Les personnes ciblées sont torturées, notamment par des décharges électriques », a-t-il affirmé, en montrant un ami qui aurait été blessé à l’œil droit en guise de punition. CamboJA News n’a pas été en mesure de vérifier indépendamment ces accusations ni les circonstances de la blessure.
Organisation des retours vers l’Indonésie
Aux alentours de 14 heures, plusieurs ressortissants indonésiens ont été conduits en véhicule vers un hôtel, tandis que des documents étaient préparés afin de faciliter leur retour en Indonésie. Akun a indiqué attendre son tour, alors que de nouvelles personnes continuaient d’arriver à l’ambassade.
Un homme portant un tee-shirt aux couleurs des drapeaux cambodgien et indonésien a brièvement indiqué que ces personnes cherchaient de l’aide pour rentrer chez elles après avoir, selon leurs dires, travaillé dans des centres d’escroquerie en ligne, avant de refuser tout commentaire supplémentaire.
Une situation similaire devant l’ambassade de Chine
Une scène comparable a été observée devant l’ambassade de Chine, où plus de 100 personnes faisaient la queue. Certaines ont expliqué être venues renouveler leur visa en prévision des célébrations du Nouvel An chinois en février, tandis que d’autres ont déclaré avoir fui des bâtiments liés à des escroqueries à Sihanoukville et solliciter l’assistance des autorités chinoises.
Les autorités évoquent une intensification de la répression
Les autorités chargées de la sécurité sur place ont indiqué que les personnes rassemblées comprenaient des individus impliqués dans des opérations d’escroquerie en ligne, en train de finaliser leurs démarches de retour dans leur pays d’origine, alors que le gouvernement intensifie sa répression.
« Seuls certains individus sont liés aux opérations d’escroquerie, d’autres étaient présents uniquement pour renouveler leur visa en vue de déplacements liés aux fêtes », ont-elles précisé.
Touch Sokhak, porte-parole du ministère de l’Intérieur, n’a pas répondu immédiatement aux sollicitations concernant cette affaire.
Par Kuch Sikol – CamboJA News / Lepetitjournal.com – 19 janvier 2026
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