Pollution de l’air en Thaïlande : l’urgence d’une loi face à la crise des PM2,5
Face à la hausse des PM2,5, le Conseil des consommateurs thaïlandais appelle à l’adoption rapide du projet de loi sur la qualité de l’air.
Le Centre d’information sur la qualité de l’air de Bangkok a signalé que les niveaux de PM2,5 ont dépassé la norme tout au long de la semaine, affectant la santé publique à grande échelle.
Une pollution devenue un problème structurel en Thaïlande
Le Conseil des consommateurs thaïlandais a déclaré que le smog toxique n’était plus seulement saisonnier, mais qu’il devenait un « problème structurel » à long terme qui nuisait à la santé, à l’économie et à la qualité de vie.
Il a exhorté tous les partis politiques à accélérer l’adoption du projet de loi sur la qualité de l’air afin de protéger les droits fondamentaux de la population.
Des causes multiples et des politiques jugées insuffisantes
Monruedee Pho-in, responsable de la politique et de l’innovation au Conseil des consommateurs thaïlandais, a déclaré que la crise actuelle du smog est due à plusieurs facteurs qui se chevauchent.
Notamment les brûlis agricoles et forestiers, un système de transport dépendant des combustibles fossiles, un secteur industriel qui manque encore de contrôles stricts et une élaboration des politiques fragmentée avec des mécanismes d’application faibles.
Pendant des années, les mesures ont été axées sur des solutions à court terme plutôt que sur la lutte contre les causes profondes, exposant ainsi la population, en particulier les enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques, à des risques sanitaires répétés.
Un impact sanitaire massif et durable sur la population
Les données du Département des services médicaux pour 2025 indiquent que les hôpitaux publics du pays ont enregistré environ 10 millions de patients par an affectés par les PM2,5, sans compter ceux traités dans les hôpitaux et cliniques privés.
Les affections les plus courantes étaient les maladies respiratoires, suivies des maladies de la peau et des yeux.
Les personnes souffrant de maladies préexistantes sont exposées à un risque plus élevé de complications graves, telles que des crises d’asthme ou des pneumonies.
Une exposition à long terme augmente également le risque de cancer du poumon et continue de faire grimper les coûts médicaux pour l’État et les ménages.
Un coût économique colossal pour les ménages et l’État
Sur le plan économique, une étude du Thailand Development Research Institute (TDRI) a révélé que les PM2,5 causaient d’énormes dommages à l’économie thaïlandaise.
Une étude réalisée par Witsanu Attavanich a estimé que les pertes pour les ménages thaïlandais s’élevaient à 2,17 billions de bahts (2 170 milliards) par an.
Rien qu’à Bangkok et dans sa région métropolitaine, les pertes ont été évaluées à 436 milliards de bahts par an, couvrant les coûts de santé, les pertes de productivité et les répercussions sur les services et le tourisme.
Une mauvaise image en matière de pollution peut également inciter les touristes à reporter leurs voyages et à réduire leurs dépenses, ce qui affecte les recettes nationales à long terme.
Des mesures sanitaires d’urgence réclamées par le Conseil des consommateurs
En réponse, le Conseil des consommateurs thaïlandais a proposé que l’État mette en œuvre de toute urgence des mesures sanitaires proactives à court et à long terme.
À court terme, il faudrait :
- mettre en place un système d’alerte sur la qualité de l’air qui soit facile à comprendre et accessible à tous les groupes
- soutenir l’utilisation de masques certifiés conformes aux normes pour les groupes vulnérables
- élargir l’accès aux services de dépistage pour les personnes touchées
- prendre des mesures de télétravail ou d’enseignement à domicile lorsque la pollution dépasse la norme
Dans le même temps, les droits en matière de santé devraient être améliorés en faisant du dépistage du cancer du poumon un droit fondamental dans tous les programmes de traitement, en commençant par les groupes à haut risque dans les zones fortement polluées.
En matière de politique, le Conseil a appelé à des solutions adaptées aux contextes locaux :
- dans l’agriculture, soutenir les alternatives au brûlage
- dans les zones urbaines, réduire la pollution automobile et promouvoir les transports publics
- dans les zones forestières et frontalières, renforcer la coopération interrégionale et transfrontalière
Il a également appelé à la décentralisation afin que les autorités locales puissent jouer un rôle important dans la gestion de la qualité de l’air.
La loi sur la qualité de l’air, pilier central de la réponse nationale
Au cœur de la question se trouve l’accélération du projet de loi sur la qualité de l’air, que le Conseil considère comme l’outil clé pour protéger les populations dans quatre domaines :
- établir des normes de qualité de l’air axées sur la santé
- définir clairement les responsabilités de l’État et des pollueurs
- permettre au public d’avoir accès à des recours et à la justice
- réduire les inégalités en matière de santé grâce au système de santé publique
« Le projet de loi sur la qualité de l’air n’est pas seulement une loi environnementale ; c’est une loi qui protège le droit fondamental des personnes à respirer un air propre, sûr et de qualité », a déclaré Monruedee.
Il a appelé tous les partis politiques à faire avancer ce projet de loi en tant que programme national fondé sur le principe du pollueur-payeur, avec la voix du public au centre de la conception des politiques.
Le texte demeure néanmoins fragile : des ONG et des experts redoutent que le principe du « pollueur-payeur » soit édulcoré sous la pression de certains lobbys économiques, ce qui complique et ralentit son adoption.
Mise à jour sur l’état d’avancement du projet de loi thaïlandais sur la qualité de l’air
1. Informations de base sur le projet de loi
Le projet de loi sur la qualité de l’air (Clean Air Act) est un projet de loi visant à lutter de manière systématique contre la pollution atmosphérique.
Il couvre le contrôle de la pollution, la protection de la santé publique et définit clairement les obligations de l’État et des pollueurs.
2. État d’avancement du projet de loi
Le projet de loi sur la qualité de l’air a été adopté en troisième lecture à la Chambre des représentants à l’unanimité (plus de 300 voix) et a été transmis au Sénat pour examen, une étape importante avant sa promulgation en tant que loi.
3. Principaux domaines d’intérêt du projet de loi
Le projet de loi affirme le droit des citoyens à respirer un air pur et comprend des mesures visant à établir des normes de qualité de l’air et des mécanismes d’application pour protéger la santé publique.
Il prévoit également des sanctions et des mesures de contrôle pour les pollueurs, renforçant ainsi la responsabilité de l’État et des entreprises qui sont à l’origine des émissions.
4. Points de vue des différents secteurs
La société civile et les militants soulignent que le principe du « pollueur-payeur » est au cœur du projet de loi ; s’il est affaibli, la loi perdra de son efficacité.
Certains groupes d’entreprises acceptent les principes environnementaux, mais ont appelé à un examen attentif des répercussions économiques et à une adaptation aux nouvelles normes.
Les universitaires et les experts en contrôle de la pollution continuent de soutenir son adoption rapide, considérant la pollution atmosphérique comme une urgence de santé publique.
5. Prochaines étapes
Après avoir été adopté par la Chambre des représentants, le projet de loi doit être examiné par le Sénat.
S’il est approuvé, il doit être publié au Journal officiel pour entrer en vigueur en tant que loi pleinement applicable.
Résumé de la situation actuelle (avril-janvier 2026)
- Adopté en troisième lecture à la Chambre des représentants à l’unanimité
- En cours d’examen au Sénat
- Si le Sénat achève son examen et qu’il est publié dans la Gazette royale, il deviendra la loi sur la qualité de l’air en vigueur en Thaïlande.
TAu cœur de la question se trouve l’accélération du projet de loi sur la qualité de l’air, que le Conseil considère comme l’outil clé pour protéger les populations dans quatre domaines :
- établir des normes de qualité de l’air axées sur la santé
- définir clairement les responsabilités de l’État et des pollueurs
- permettre au public d’avoir accès à des recours et à la justice
- réduire les inégalités en matière de santé grâce au système de santé publique
« Le projet de loi sur la qualité de l’air n’est pas seulement une loi environnementale ; c’est une loi qui protège le droit fondamental des personnes à respirer un air propre, sûr et de qualité », a déclaré Monruedee.
Il a appelé tous les partis politiques à faire avancer ce projet de loi en tant que programme national fondé sur le principe du pollueur-payeur, avec la voix du public au centre de la conception des politiques.
Le texte demeure néanmoins fragile : des ONG et des experts redoutent que le principe du « pollueur-payeur » soit édulcoré sous la pression de certains lobbys économiques, ce qui complique et ralentit son adoption.
Voir : Thaïlande : la loi sur la qualité de l’air en danger malgré 32 000 décès annuels
Mise à jour sur l’état d’avancement du projet de loi thaïlandais sur la qualité de l’air
1. Informations de base sur le projet de loi
Le projet de loi sur la qualité de l’air (Clean Air Act) est un projet de loi visant à lutter de manière systématique contre la pollution atmosphérique.
Il couvre le contrôle de la pollution, la protection de la santé publique et définit clairement les obligations de l’État et des pollueurs.
2. État d’avancement du projet de loi
Le projet de loi sur la qualité de l’air a été adopté en troisième lecture à la Chambre des représentants à l’unanimité (plus de 300 voix) et a été transmis au Sénat pour examen, une étape importante avant sa promulgation en tant que loi.
3. Principaux domaines d’intérêt du projet de loi
Le projet de loi affirme le droit des citoyens à respirer un air pur et comprend des mesures visant à établir des normes de qualité de l’air et des mécanismes d’application pour protéger la santé publique.
Il prévoit également des sanctions et des mesures de contrôle pour les pollueurs, renforçant ainsi la responsabilité de l’État et des entreprises qui sont à l’origine des émissions.
4. Points de vue des différents secteurs
La société civile et les militants soulignent que le principe du « pollueur-payeur » est au cœur du projet de loi ; s’il est affaibli, la loi perdra de son efficacité.
Certains groupes d’entreprises acceptent les principes environnementaux, mais ont appelé à un examen attentif des répercussions économiques et à une adaptation aux nouvelles normes.
Les universitaires et les experts en contrôle de la pollution continuent de soutenir son adoption rapide, considérant la pollution atmosphérique comme une urgence de santé publique.
5. Prochaines étapes
Après avoir été adopté par la Chambre des représentants, le projet de loi doit être examiné par le Sénat.
S’il est approuvé, il doit être publié au Journal officiel pour entrer en vigueur en tant que loi pleinement applicable.
Résumé de la situation actuelle (avril-janvier 2026)
- Adopté en troisième lecture à la Chambre des représentants à l’unanimité
- En cours d’examen au Sénat
- Si le Sénat achève son examen et qu’il est publié dans la Gazette royale, il deviendra la loi sur la qualité de l’air en vigueur en Thaïlande.
Toutelathailande.fr avec The Nation Thailand – 25 janvier 2026
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