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Élections en Thaïlande : le parti de la jeunesse espère gouverner

Le Parti du Peuple est, selon les sondages, le favori des législatives du 8 février. Mais il se heurte à un puissant establishment militaro-royaliste qui tient les rênes du pouvoir.

« Pour changer la Thaïlande, venez faire entendre votre voix ! » lance Seksit Yaemsanguansak aux automobilistes coincés dans les embouteillages. Au milieu d’un carrefour animé de Bangkok, le candidat de 28 ans, micro relié à une enceinte, appelle ses concitoyens à voter pour le Parti du Peuple (PP). Cette formation libérale et réformiste, donnée en tête dans les sondages, espère remporter les élections législatives du 8 février.

« Nous sommes de sérieux prétendants à la première place », assure celui qui fut étudiant militant lors des grandes manifestations pro-démocratie de 2020. Silhouette mince, allure de geek studieux, le jeune candidat à la députation dans une circonscription de la capitale dit s’être lancé en politique pour « faire entrer dans les institutions nos idéaux, notre détermination et les espoirs portés par le mouvement de 2020 ».

Il défend des réformes structurelles visant à sortir la Thaïlande d’une corruption endémique et d’un cycle d’instabilité politique ouvert par le coup d’État de 2014, et entretenu par une Constitution rédigée sous la junte militaire, qui continue de restreindre le jeu démocratique au profit des forces militaro-royalistes.

De puissants conservateurs

Face aux jeunes progressistes du Parti du Peuple : deux grands rivaux dominent aussi la campagne. Les conservateurs du parti Bhumjaithai, dirigé par l’actuel Premier ministre Anutin Charnvirakul, jouent la carte nationaliste et sécuritaire dans un contexte de tensions frontalières avec le Cambodge. Et les populistes du parti Pheu Thai, associé à la puissante famille Shinawatra, n’ont pas dit leur dernier mot.

Même en arrivant en tête, le Parti du peuple peut difficilement espérer décrocher une majorité absolue — 251 sièges sur les 500 de l’Assemblée. Son défi serait alors de tenter de diriger une coalition gouvernementale avec des forces idéologiquement hostiles.

En Thaïlande, remporter une élection ne suffit pas toujours. Les législatives de 2023 avaient vu la victoire surprise du parti Move Forward, ancêtre du Parti du Peuple, qui avait promis de profondes réformes politiques et économiques. Mais le pouvoir judiciaire, aligné sur l’establishment conservateur, avait empêché la formation de gouverner, avant de dissoudre le parti et d’interdire à plusieurs de ses dirigeants toute activité politique.

Par Valentin Cebron – Ouest France – 6 février 2026

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