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Corruption en Thaïlande : un indice en baisse face aux démocraties et aux autocraties

Avec 33/100 en 2025, la Thaïlande recule dans l’indice mondial de perception de la corruption et s’éloigne des standards des démocraties avancées.

En 2025, la Thaïlande a obtenu un score de 33 sur 100 dans l’Indice de Perception de la Corruption (CPI) publié par Transparency International, se classant 116ᵉ sur 182 pays. En baisse d’un point par rapport à 2024 et bien en-dessous de la moyenne mondiale fixée à 42, il s’agit de son plus mauvais résultat en près de vingt ans. Cette dégradation confirme une tendance négative amorcée depuis plus d’une décennie.

Les indicateurs les plus touchés concernent la perception des investisseurs et du secteur privé, notamment en matière de compétitivité et de transparence économique. Autrement dit, la défiance ne se limite pas à la sphère politique : elle affecte aussi l’environnement des affaires et l’attractivité du pays.

Un décrochage dans l’ASEAN

Au sein de l’Asie du Sud-Est, la comparaison est peu flatteuse. Singapour domine largement la région avec un score supérieur à 80, incarnant un modèle de gouvernance rigoureuse. La Thaïlande se situe désormais derrière la Malaisie, le Vietnam, l’Indonésie et le Laos. Ce déclassement régional envoie un signal préoccupant aux investisseurs, à l’heure où les économies de la zone rivalisent pour capter les flux industriels et financiers.

Face aux démocraties occidentales ?

Comparée aux grandes démocraties, la Thaïlande accuse un écart marqué. La France et les États-Unis affichent des scores supérieurs à 60, malgré une légère érosion ces dernières années. Ces pays bénéficient de contre-pouvoirs institutionnels solides, d’une presse active et de systèmes judiciaires capables de poursuivre des responsables de haut niveau.

La baisse observée en Occident illustre que même les démocraties établies ne sont pas à l’abri, notamment lorsque l’indépendance des institutions ou la transparence du financement politique sont questionnées. Néanmoins, leur niveau reste nettement supérieur à celui de la Thaïlande.

Entre régimes autoritaires et démocraties imparfaites

À l’autre extrémité du classement, la Russie obtient un score autour de 20 sur 100, reflétant une forte concentration du pouvoir et un affaiblissement des contre-pouvoirs. La Chine se situe généralement autour de la moyenne mondiale, avec des campagnes anticorruption importantes mais un contrôle politique centralisé limitant la supervision indépendante.

Avec 33 points, la Thaïlande se positionne dans une zone intermédiaire, plus proche des régimes non démocratiques que des démocraties dites « imparfaites », dont la moyenne tourne autour de 47. Ce positionnement alimente le débat sur la solidité de son état de droit.

Un problème structurel

Les responsables de l’Anti-Corruption Organization of Thailand évoquent un problème structurel plutôt que des scandales isolés. Les faiblesses toucheraient l’ensemble de la chaîne institutionnelle, de la police aux agences indépendantes. Lorsque les mécanismes de contrôle semblent inefficaces ou sélectifs, la perception d’impunité s’installe durablement.

L’effondrement du bâtiment du Bureau de la Cour des Comptes en 2025 a symbolisé ces fragilités, en mettant en lumière les limites des dispositifs de supervision. Dans un indice fondé sur la perception d’experts et d’acteurs économiques, ce type d’événement peut peser lourdement.

Un enjeu de crédibilité

Le CPI ne mesure pas directement tous les faits de corruption mais il constitue un baromètre influent. Il affecte la confiance des citoyens, l’image internationale et les décisions d’investissement. L’analyse comparée montre que les pays qui progressent sont ceux qui garantissent l’indépendance de la justice, protègent les lanceurs d’alerte et renforcent la transparence politique.

Pour la Thaïlande, le défi est clair : restaurer la confiance interne et internationale par des réformes structurelles visibles. Sans inflexion durable, le pays risque de s’installer dans le bas du classement mondial, dans un contexte où la qualité de la gouvernance devient un facteur clé de compétitivité.

Lepetitjournal.com – 11 février 2026

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