En Thaïlande, des allégations d’irrégularités ternissent les résultats des législatives du 8 février
En Thaïlande, les accusations d’irrégularités lors des législatives du 8 février, remportées par le parti conservateur Bhumjaithai, se multiplient. Accusée d’être proche du pouvoir conservateur, la Commission électorale en charge de l’organisation du scrutin est au cœur de la polémique. À l’appel d’une organisation étudiante, une petite centaine de personnes s’est rassemblée devant le siège de cette institution controversée, appelant à recompter les voix à l’échelle nationale.
Une rangée de policiers protège le QG de la très controversée Commission électorale à Bangkok, capitale de la Thaïlande. Face à eux, des étudiants – en colère mais calmes – dénoncent le manque de transparence de l’institution. Malgré un coût de sept milliards de bahts, soit 190 millions d’euros, les irrégularités s’accumulent autour des élections législatives du 8 février.
« La commission électorale ne fait pas son travail, c’est un manque de respect envers les citoyens et envers le pays », tempête Gracey, 19 ans, aux côtés d’autres jeunes qui réclament un recomptage des voix à l’échelle nationale.
« La Commission électorale est désignée par le Sénat » conservateur et proche du parti vainqueur des élections, rappelle Kharit, également étudiant et présent devant le siège de l’institution. « C’est une institution antidémocratique, qui ne rend aucun compte à la population. Elle doit être réorganisée, voire remplacée », proteste le jeune homme.
Bourrage d’urnes, manque de transparence, votes non comptabilisés : Tent, lui, dénonce une fraude généralisée du scrutin. « Cette fois-ci, la corruption a été massive », constate-t-il.
Pour Tee, 22 ans, ces fraudes n’ont peut-être pas modifié le résultat national, mais là n’est pas le cœur du problème. « Quel que soit le verdict, nous l’accepterons : c’est le principe même de la démocratie », tempère Tee, « ce que nous demandons, c’est que le dépouillement soit honnête et que chaque voix ait une vraie valeur. »
Preuve de la gravité des accusations : quatre grands partis, de la gauche à l’extrême droite, ont remis en question l’intégrité du scrutin.
Par Valentin Cebron – Radio France Internationale – 11 février 2026
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