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Première réunion du nouveau parlement

La Birmanie a ouvert lundi 16 mars sa première session parlementaire depuis plus de cinq ans, après des élections dont les principaux partis d’opposition ont été exclus. Ce scrutin permet au régime militaire de conserver une forte emprise sur les institutions.

L’armée a renversé, en février 2021, le gouvernement élu de Aung San Suu Kyi lors du coup d’État et a empêché le parlement alors en place de siéger. Depuis, les militaires dirigent le pays sans assemblée législative et présentent les élections organisées entre décembre et janvier comme une étape vers un retour à la démocratie.

Dans les faits, l’armée et ses alliés contrôlent près de 90 % des sièges du parlement bicaméral. L’ancien parti au pouvoir, la Ligue nationale pour la démocratie, ainsi que d’autres formations d’opposition, n’ont pas participé au scrutin : certaines ont été empêchées de se présenter, tandis que d’autres ont choisi de boycotter une élection qu’elles jugent inéquitable.

Lundi, des délégués vêtus de tenues traditionnelles sont arrivés dans la capitale, Naypyidaw, pour la séance d’ouverture de la chambre basse, qui compte 373 sièges. Les députés se sont réunis dans le complexe parlementaire fortement sécurisé, récemment rénové après les importants dégâts causés par le séisme de l’an dernier.

Les forces de sécurité ont bouclé les routes menant au parlement et ont inspecté les véhicules à la recherche d’explosifs avant de les autoriser à entrer dans l’enceinte.

Première mission

La première tâche du nouveau parlement est d’élire un président pour chaque chambre, puis d’élire un président de la République et deux vice-présidents.

Lors de la séance de lundi, les députés ont élu Khin Yi, président du parti USDP, à la tête de la chambre basse. Ancien général et ex-chef de la police, il compte parmi les proches alliés du chef de la junte, Min Aung Hlaing. Les parlementaires ont également choisi Maung Maung Ohn, ancien général et ancien ministre de l’Information, comme vice-président de la chambre.

La chambre haute, composée de 213 sièges, doit ouvrir mercredi, tandis que 14 parlements régionaux devraient se réunir deux jours plus tard

Un quart des sièges disponibles dans les deux chambres — soit 166 sièges — est réservé à l’armée par la constitution rédigée par les militaires, et le parti USDP en a remporté 339 parmi les autres sièges. Vingt-et-un autres partis ont obtenu chacun entre un et vingt sièges.

Min Aung Hlaing, chef du régime militaire de Birmanie, devrait accéder à la présidence. La Constitution interdit toutefois au chef de l’État d’exercer simultanément les fonctions de commandant en chef des forces armées — le poste le plus puissant du pays —, ce qui soulève des interrogations sur un éventuel renoncement à cette fonction.

Aung San Suu Kyi, ancienne dirigeante de la Birmanie âgée de 80 ans, purge une peine cumulée de 27 ans de prison. Son parti, la ligue nationale pour la démocratie, avait remporté de larges victoires aux élections de 2015 et de 2020, avant de se dissoudre en 2023 après avoir refusé de se réenregistrer selon les nouvelles règles imposées par l’armée.

Parallèlement, un parlement parallèle, formé par des élus empêchés de siéger après la prise de pouvoir militaire de 2021, a tenu lundi une session en ligne. Ce parlement parallèle affirme représenter la seule assemblée légitime du pays.

Gavroche-thailande.com – 16 mars 2026

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