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Birmanie : les ambitions royales du chef de la junte Min Aung Hlaing, prochain président

Le parlement birman a entamé, lundi 30 mars, le processus de sélection du président. Cela fait suite aux élections législatives en début d’année, remportées par les partis pro-militaires et largement condamnées par la communauté internationale. Auteur du coup d’État de 2021 qui a renversé le gouvernement de la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, le général Min Aung Hlaing cherche la légitimité dans le pays et à l’étranger.

Le Généralissime troque son uniforme militaire pour le costume présidentiel. Min Aung Hlaing a été désigné, lundi 30 mars, candidat à la vice-présidence de la Birmanie après avoir démissionné de son rôle militaire, conformément à la Constitution. C’est la première étape d’un processus qui doit lui permettre de devenir chef de l’État.

Trois vice-présidents au total seront désignés, et l’un d’eux sera élu président. Mais une défaite de Min Aung Hlaing est jugée inconcevable. L’ancien chef du renseignement militaire et allié loyal de Min Aung Hlaing, Ye Win Oo, a été désigné pour lui succéder au poste de chef de l’armée.

Élections controversées en début d’année

Le militaire cherche à obtenir ce titre civil pour tenter de se légitimer, après des élections controversées en début d’année. Ce vote fut organisé sous le contrôle de la junte militaire – les partis pro-démocratie ont été interdits – et a eu lieu seulement dans une partie du pays. Vues comme une manœuvre destinée à exclure l’opposition, les élections ont été dénoncées par de nombreux pays et observateurs internationaux.

Le pays est plongé dans une guerre civile

Min Aung Hlaing cherche à asseoir sa stature aussi bien au niveau national qu’international. Le pays est déchiré par une guerre civile depuis son coup d’État, il y a cinq ans. Des militants pro-démocratie ont pris les armes contre la junte, aux côtés de groupes armés issus de minorités ethniques. À la tête de la Tatmadaw durant 15 ans, le général a dirigé en 2017 une violente répression contre la minorité ethnique et musulmane Rohingya. La procureure en chef de la Cour pénale internationale réclame son arrestation pour crimes contre l’humanité.

Ambitions royales

Au-delà de la fonction de président, le désormais ex-chef de la junte a déjà affiché ses ambitions royales, d’après le New York Times. Avant même son coup d’État, il s’est rendu en 2020 au temple de Htilominlo, symbolique pour les souverains birmans. De nombreux dirigeants sont venus y prier pour accéder au trône, comme le rapporte le journal américain.

Par Claudia Bertram – Radio France Internationale – 30 mars 2026

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