Persécution des Rohingyas en Birmanie : le chef de la junte visé par une plainte pour génocide
Le général Min Aung Hlaing, ciblé par l’action devant la justice indonésienne, a récemment été désigné président après un coup d’Etat en 2021.
Le bureau du procureur général d’Indonésie a déclaré ce lundi 6 avril avoir reçu une plainte, notamment pour «génocide», déposée par des représentants des Rohingyas et défenseurs des droits humains contre Min Aung Hlaing, chef de la junte devenu président de Birmanie.
L’armée birmane, qui a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 2021, est accusée depuis des décennies de violations des droits humains, visant principalement les minorités ethniques du pays, notamment les Rohingyas.
La plainte sera transmise à un département du bureau du procureur général spécialisé, a ajouté un porte-parole Anang Supriatna. «Ils sont venus déposer une plainte pour crimes contre l’humanité et génocide commis à l’encontre du peuple rohingya en Birmanie par le gouvernement de la junte», a déclaré Anang.
La justice indonésienne peut juger les crimes les plus graves commis hors de son sol, au titre de la «compétence universelle» inscrite dans sa législation. Plus grand pays à majorité musulmane du monde, l’Indonésie accueille depuis des années des réfugiés rohingyas, alors que des milliers d’entre eux risquent leur vie lors de longues et périlleuses traversées en mer pour rejoindre l’Indonésie ou la Malaisie.
Une décision de justice attendue dans un futur plus ou moins lointain
Un procès de trois semaines a eu lieu courant janvier devant la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute instance judiciaire de l’ONU, concernant la répression menée par la Birmanie en 2017 contre la minorité musulmane rohingya. La Gambie accuse le pouvoir birman de violations de la Convention des Nations unies sur le génocide de 1948. Mais une décision pourrait prendre des mois, voire des années.
Certains pays, dont les Etats‑Unis, considèrent déjà officiellement la répression contre les Rohingyas comme un génocide, et le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, a été sanctionné pour les exactions des forces armées.
Bien que la Birmanie ait longtemps été sous régime militaire, les faits se sont déroulés durant une parenthèse démocratique, lorsque le pays était dirigé par Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991.
Libération avec Agence France Presse – 6 avril 2026
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