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Particules fines : le Vietnam prêt pour la lutte contre la pollution de l’air

L’Institut français de Hanoï (L’Espace) a rouvert ses portes au public le soir du 5 juin avec une table ronde sur la pollution aux particules fines, en présence de nombreux experts vietnamiens et français.

Organisée par les groupes d’activistes Live & Learn et Vietnam Green Generation Network, en collaboration avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD), la table ronde pour thème “Pollution aux particules fines : le côté sombre de l’activité humaine” a eu lieu le 5 juin à l’Institut français de Hanoï (L’Espace).

Pour commencer l’évènement, Xavier Mari, chercheur océanographe-biogéochimiste à l’IRD rattaché à l’Institut méditerranéen d’océanographie (MIO), a redéfini les notions de pollution en général, et de pollution de l’air en particulier. Selon lui, l’excès des émissions toxiques est un phénomène mondial, qui cause directement “25% des maladies pulmonaires, 20% des accidents vasculaires cérébraux, 14% des arrêts cardiaques“. La pollution de l’air tue “environ 7 millions de personnes chaque année, et réduit  l’espérance de vie jusqu’à deux ans“.

Selon l’expert français, les scientifiques s’intéressent de plus près aux impacts délétères des particules fines depuis une dizaine d’années. L’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud sont les trois régions les plus polluantes, à cause de leurs activités d’énergies fossiles. Au Vietnam plus précisément, en 2019, le taux de particules de 2.5 micromètres (PM2.5) était de 50 µg/m3 à Hanoï et 25 µg/m3 à Hô Chi Minh-Ville, tandis que ce chiffre en Europe occidentale est souvent inférieur à 10 µg/m3.

Au Vietnam, les particules fines tuent environ 60.000-70.000 personnes chaque année, majoritairement dans le delta du fleuve Rouge. Ils nuisent notre système respiratoire, et sont une des causes directes de l’effet de serre sur notre planète“, a fait savoir Xavier Mari.

Renforcement des mesures 

La deuxième partie de la table ronde était consacrée aux rapports de Nguyên Thi Nhât Thanh, professeure associée à la Faculté des technologies de l’information et du Centre des technologies multidisciplinaires intégrées pour la surveillance sur le terrain (FIMO), Université d’ingénierie et de technologie, dépendant de l’Université nationale du Vietnam à Hanoï.

D’après la professeure vietnamienne, via les rapports publiés depuis 1988, la qualité de l’air au Vietnam s’améliore au fur des dix dernières années, mais la population a commencé à s’intéresser à la pollution de l’air seulement ces cinq dernières années.

L’important est de détecter l’origine des particules fines, a-t-elle souligné. En 2018, 40% de celles-ci venaient de la circulation, 25% des constructions urbaines, et 19% des activités industrielles. Cela permet aux scientifiques de tracer leurs évolutions, et aide les autorités à réfléchir à des mesures adéquates.

Elle a déploré que la Loi sur la protection de l’environnement du Vietnam n’est pas assez sévère. “Par exemple, on a déjà les droits de dommages et intérêts pour sanctionner les entreprises polluantes, mais on n’a aucun régime juridique pour les véhicules défectueux et dangereux qui circulent tous les jours dans le pays“, a cité Nguyên Thi Nhât Thanh.

En réalité, la réaction du gouvernement a été rapide avec la mise en place de nombreuses mesures importantes : accueillir les experts et entreprises étrangers, mobiliser la population, investir dans la recherche et rapports périodiques ainsi que dans la construction de centrales électriques vertes, et élaborer les plans d’urbanisme plus appropriés à l’égard des évolutions démographiques du pays.”

Cependant, la lutte contre la pollution aux particules fines demande des efforts sans relâche de chaque individu“,  a conclu Dô Vân Nguyêt, directrice de Live & Learn.

Chacun devrait se protéger avec des masques de protection corrects, trouver des alternatives pour un mode de vie plus écolo, et appeler les autres à réduire les émissions toxiques“, a-t-elle souhaité.

Par Dang Duong – Le courrier du Vietnam – 6 juin 2020

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