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Un Français résidant en Thaïlande inquiété à cause de posts Facebook

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Yan Marchal, expat en Thaïlande qui avait fait parler de lui l’an dernier pour avoir parodié sur Youtube la chanson de l’ex-chef de la junte, s’est fait une nouvelle frayeur pour deux posts Facebook.

Expatrié depuis 17 ans en Thaïlande, le Français Yan Marchal est connu pour ses prises de positions politiques sur les réseaux sociaux, une liberté d’expression qu’il revendique, mais qui semble irriter les autorités locales. 

Ce lundi 2 novembre, Yan Marchal s’est rendu au bureau de police de l’immigration à Chamchuri Square à Bangkok pour transférer son visa sur son nouveau passeport quand la police lui a dit que son visa avait été annulé quelques jours plus tôt, et qu’il était donc en dépassement de séjour et risquait d’être déporté. 

“Je venais simplement pour faire un transfert sur mon nouveau passeport”, explique l’entrepreneur qui vit en Thaïlande depuis 2004. “Un premier officier de police m’a informé que mon visa était annulé alors que normalement mon visa court jusqu’au mois de mars. Le policier m’a dit qu’ils avaient un dossier sur moi et qu’il y avait un problème avec mes publications sur Facebook”. 

Arrivé dans la matinée vers 11h au bureau d’immigration, Yan Marchal n’en est ressorti qu’en début de soirée. Vers 18 heures, ce père de deux adolescents de 13 et 16 ans confiait à Lepetitjournal.com/bangkok : “Je n’ai aucune idée à quelle sauce je vais être mangé, pour le moment, je ne peux pas sortir d’ici”. 

Entouré de son avocate, sa compagne et du journaliste du journal Khaosod English Pravit Rojanaphruk, Yan Marchal est donc resté plusieurs heures dans l’incertitude sur son sort jusqu’à l’arrivée d’un second officier de police qui lui a tenu un autre discours. 

“Le deuxième policier m’a dit qu’ils avaient bien un dossier sur moi, mais que mon visa n’était pas annulé. Sans le dire clairement, il m’a fait comprendre que je ferais mieux d’arrêter de publier sur les réseaux sociaux. En fait, le message qu’ils ont voulu me faire passer c’est : soit je l’ouvre et je pars ou soit je veux rester et je la ferme. En attendant d’y voir plus clair, je ne vais pas tenter plus le diable”, confie l’homme de 47 ans. 

Si pour le moment, il y a plus de peur que de mal, le policier lui a néanmoins demandé d’effacer deux publications sur son compte Facebook.

“C’était une journée un peu stressante, mais en même temps il y a plein de gens qui ont connu pire que moi, par exemple les leaders des manifestations qui sont détenus et certains qui ne sont pas encore libérés. À côté de cela, mon histoire est futile. Par contre, je réalise que si je veux rester en Thaïlande, c’est au prix de ma liberté d’opinion et c’est un élément que je devrai prendre en compte pour la suite dans mes choix de vie”, conclut-il. 

En juin 2019, Yan Marchal avait dû présenter des excuses et retirer un clip vidéo parodiant en thaï une chanson du chef de la junte après avoir reçu la visite de la police à son domicile. 

Dans une interview live pour Khaosod English depuis le bureau de l’immigration, Yan Marchal avait souligné que s’il se refusait en tant qu’étranger à participer activement aux manifestations, il ne s’interdisait pas de s’y rendre en observateur et de partager ses vues sur les développements politiques du pays dans lequel il a investi et qui est le berceau de ses enfants. 

“C’est dans ma nature”, dit-il. “Il y a des risques [à exprimer ses opinions], j’en suis la preuve vivante. Je savais que cela pouvait m’arriver, et j’ai d’ailleurs un plan B pour ma vie [en cas d’expulsion]”. 

Lorsque Pravit Rojanaphruk lui demande s’il regrette ce qu’il a posté sur la Thaïlande, il répond : “Non, je suis moi-même, et pouvoir être soi-même est quelque chose d’inestimable”.

L’interview se termine par un message en français à la demande de Pravit Rojanaphruk, dans lequel Yan Marchal met en garde ceux qui n’ont pas les moyens d’assumer les conséquences d’un certain degré de liberté de parole : “Faites comme moi si vous avez les moyens de vous faire mettre à la porte, mais ne faites pas comme moi si vous ne pouvez pas vous le permettre. Dans tous les cas, je respecterai votre choix, j’ai beaucoup de respect pour les gens qui prennent des risques pour le bien commun et aussi beaucoup de compréhension pour les gens qui ne le font pas”.

Par Catherine Vanesse – Lepetitjournal.com – 3 Novembre 2020

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