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Un pas de plus vers la numérisation du système bancaire

« Avant, les banques qui n’étaient pas connectées au ‘noyau bancaire’ étaient considérablement limitées dans les transactions qu’elles pouvaient effectuer, la plupart ne se faisant qu’au niveau des sièges sociaux, et non pas depuis les filiales.

Dorénavant, avec le nouveau système CBM-NET 2, les banques privées vont pouvoir s’interconnecter bien plus facilement et leurs succursales auront la possibilité de se transférer des fonds de l’une à l’autre et de mieux suivre l’évolution de leurs comptes clients », affirme U Soe Min, gouverneur-adjoint de la Banque centrale birmane (BCB).

Le 16 novembre 2020, U Soe Min a ainsi annoncé l’introduction d’un système de règlement bancaire amélioré, le CBM-NET 2, qui est une évolution du système la CBM-NET lancé en janvier 2016. « Avec ce nouveau système, les transactions interbancaires deviennent simples et rapides. En outre, grâce à lui, les particuliers peuvent désormais effectuer des transactions pour de bien plus gros montants qu’auparavant », explique U Soe Min. La Birmanie a développé son secteur bancaire avant tout comme un appui à des conglomérats et, disons-le, chaque banque liée à un de ces grands groupes industriels et commerciaux avait entre autres pour fonction de permettre d’utiliser de l’argent qui autrement n’aurait pas pu circuler.

Si cela a beaucoup changé depuis 10 ans, avec une remise à niveau progressive du secteur financier birman (le pays compte 41 établissements dont 4 banques publiques, 29 banques commerciales domestiques et 13 banques commerciales étrangères), les banques birmanes demeurent extrêmement encadrées par la BCB dans une approche paternaliste typique du pays et totalement inadaptée aux besoins de la population, aux nécessités de développement économique et à celles des investisseurs internationaux. Par exemple, les taux plancher et plafond des banques sont mal fixés et obtenir un crédit est quasiment impossible pour la plupart des gens, ce qui limite évidemment leurs capacités d’entreprendre. Ce retard criant rend aujourd’hui la Birmanie peu attractive pour les investisseurs internationaux, malgré un réel potentiel reconnu pour tel.

C’est dans ce cadre que le processus de modernisation se met très lentement en place. Et CBM-NET-2 en est l’un des éléments. Il va permettre plus de types de transactions et surtout des prélèvements automatiques entre les banques locales – nationales comme étrangères – et des aussi avec des institutions extérieures, comme certains services publics – paiements des factures ou des impôts, par exemple. La gestion des salaires dans les entreprises – jusqu’ici presque toujours remis de la main à la main et exigeant la présence de l’employé, celle du comptable et beaucoup de temps lorsque l’entreprise compte beaucoup de salariés – pourra notamment se faire maintenant à travers CBM-NET-2.

En janvier 2016, la première version CBM-NET avait déjà bien facilité le fonctionnement des banques en introduisant un système de règlement brut en temps réel (RTGS) qui autorisait des règlements d’opérations continus, transaction par transaction. Avec le CBM-NET de nombreux échanges avaient donc déjà été automatisés – cela a ainsi permis le développement d’applications de paiement par téléphone – mais beaucoup d’opérations nécessitaient toujours des documents papier, alors que d’autres restaient tout simplement inaccessibles. CBM-NET-2 devrait remédier à cela.

Les deux versions du système de paiement ont été réalisées sous la houlette de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) qui a apporté une expertise technique nécessaire à la création de la première version puis toujours son expertise pour le développement de la deuxième version, avec aussi une aide financière suite à un accord signé en 2018 entre JICA et la BCB pour un montant de 5 594 milliards de yens japonais (de l’ordre de 45 millions d’euros). En conséquence, les deux CBM-NET 2 ont été conçu sur le modèle du système technique japonais.

Par Julia Guinamard – Le petitjournal.com – 30 novembre 2020

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