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Les déplacés birmans, victimes cachées de la Covid-19

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Les agences humanitaires présentes en Birmanie viennent à nouveau de déplorer les entraves mises par le gouvernement à leurs fournitures d’aide d’urgence aux populations Rohingyas déplacées dans la région de l’Arakan (Rakhine State).

Les justifications à ces entraves sont les restrictions de voyage imposées par le gouvernement pour se protéger contre la propagation de Covid-19.

En octobre, Human Rights Watch a publié un rapport intitulé “Une prison ouverte sans fin” sur la détention de 130 000 musulmans rohingyas dans l’État de Rakhine en Birmanie depuis 2012. Human Rights Watch a conclu que les conditions sordides et oppressives imposées aux musulmans rohingyas et kaman internés constituent des crimes contre l’humanité de persécution, d’apartheid et de privation grave de liberté. À partir d’août 2017, une campagne militaire de meurtres, de violences sexuelles, d’incendies criminels et d’expulsions forcées de Rohingyas dans le nord de l’État de Rakhine a forcé plus de 700 000 personnes à fuir au Bangladesh. Human Rights Watch a déterminé que les forces de sécurité birmanes ont commis un nettoyage ethnique, des crimes contre l’humanité et des actes de génocide.

Plus grande vulnérabilité

Il est avéré que la Covid-19 crée une plus grande vulnérabilité dans des groupes déjà vulnérables. À ce jour, la Birmanie n’a que 29 cas confirmés de Covid-19 parmi les populations déplacées, enregistrés de juillet à fin novembre. Aucun cas n’a été signalé parmi les personnes déplacées à Kachin, Shan ou dans le sud-est du pays. Les ONG pensent toutefois que cela ne reflète pas exactement la réalité. Des facteurs tels que le manque de ressources et de services de dépistage, la crainte de la stigmatisation dans les camps surpeuplés et la peur des fonctionnaires contribuent probablement à la grave sous-déclaration des cas de Covid-19 parmi les populations de PDI. Les blocages du gouvernement sur l’accès humanitaire pour les organisations internationales et les agences d’aide rendent difficile la poursuite des enquêtes sur le terrain. Cependant, l’incapacité à fournir une réponse sanitaire adéquate est illustrée par le “Plan d’action national pour le contrôle de l’épidémie de COVID-19 dans les camps de personnes déplacées” de Birmanie, qui ne prévoit ni tests ni plans pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Situation complexe et désastreuse.

La situation en Birmanie est, selon ces organisations humanitaires, complexe et désastreuse. Les organismes d’aide font état de circonstances extrêmement difficiles dans lesquelles leur capacité à fournir de l’aide est souvent entravée. Le gouvernement birman exige des travailleurs humanitaires qu’ils demandent des autorisations de voyage tous les mois et a imposé des règles plus strictes en matière de déplacements et d’accès afin d’enrayer les éventuelles infections à Covid-19. Bien que le gouvernement ait la responsabilité de prendre des mesures pour protéger la santé publique, il doit garantir la disponibilité des services humanitaires essentiels sans discrimination. Cependant, nous avons constaté que dans certains cas, les travailleurs humanitaires se limitent à déposer des fournitures à l’entrée du camp. Dans d’autres cas, comme dans l’État de Rakhine, l’entrée dans les camps leur est totalement refusée. Les camps situés en dehors des zones contrôlées par le gouvernement dans les États Kachin ou Shan sont totalement inaccessibles en raison des blocages du gouvernement sur les mouvements vers les zones contestées.

Depuis juin 2019, un blocage gouvernemental des services Internet mobiles dans l’État de Rakhine a freiné l’accès à l’information en plein conflit armé. Cela a sérieusement entravé les activités de sensibilisation et d’éducation concernant la prévention et la gestion de la crise du Covid-19, en particulier pour les personnes déplacées.

Gavroche-thailande.com – 17 Décembre 2020

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