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Birmanie : Mya Thwate Thwate Khaing, martyre du coup d’Etat

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Atteinte en pleine tête alors qu’elle protestait contre le coup de force de l’armée à Naypyidaw, la jeune épicière devenue le symbole de la lutte est en «état de mort cérébrale».

Elle a juste 20 ans aujourd’hui. Mais elle ne célébrera pas son anniversaire. Mardi, Mya Thwate Thwate Khaing a reçu une balle en pleine tête lors d’une manifestation à Naypyidaw contre le coup d’Etat. Elle lutte désormais pour sa vie dans un hôpital de la capitale administrative dans le centre du pays. Un médecin contacté par l’ONG Fortify Rights a indiqué qu’elle était en «état de mort cérébrale». Autrement dit, elle a très peu de chances de survie.

Une vidéo, diffusée par Amnesty International (attention images choquantes), saisit le moment exact où la jeune femme, également appelée Mya Thwe Thwe Khine et Myat Thet Khaing, est touchée par une balle sur le côté de la tête alors qu’elle se détourne des forces de sécurité. Casquée et vêtue d’un tee-shirt rouge, elle s’était réfugiée avec d’autres manifestants derrière un arrêt de bus, à l’abri des canons à eau, lorsqu’elle a été touchée. Elle s’effondre immédiatement après le coup de feu que l’on entend sur la courte vidéo.

Les manifestations se poursuivent

«Les graves blessures subies par cette jeune femme ont été causées par le fait que la police du Myanmar a tiré à balles réelles, directement sur des manifestants pacifiques», explique le responsable du laboratoire des preuves de crise d’Amnesty International, Sam Dubberley. L’ONG, qui a enquêté sur ce tir à partir de plusieurs images diffusées sur les réseaux sociaux depuis quarante-huit heures, assure que la «police a pris pour cible des manifestants de manière imprudente, sans aucun respect pour leur vie ou leur sécurité». Et appelle à l’ouverture d’une «enquête indépendante, approfondie et rapide».

Selon le True News Information Unit, une publication de l’armée birmane, les forces de sécurité n’étaient équipées que d’armes non létales ce jour-là. Ce n’est pourtant pas ce que disent les images. Si les canons à eau ont été abondamment utilisés, il apparaît sur certaines images qu’un membre de la police brandit un clone d’Uzi (un pistolet-mitrailleur développé par Israël), de type «BA-94 ou BA-93 fabriqué en Birmanie», précise Amnesty International. L’ONG est parvenue à localiser le lieu de la fusillade, sur la route de Taungnyo, juste au sud-est du rond-point de Thabyegone à Naypyidaw.

Par Arnaud Vaulerin – Libération – 11 février 2021

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