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L’Universite Paul-Valery de Montpellier et le tremplin pour le Vietnam

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En 2019, un programme de formation en langue et en culture vietnamienne, intitulé “Tremplin pour le Vietnam”, a été lancé à l’Université Paul-Valery de Montpellier, qui pour la circonstance, coopère avec l’Université de langues et d’études internationales (ULIS, relevant de l’Université nationale de Hanoï).

Il s’agit d’un diplôme universitaire, d’un DU comme on l’appelle couramment, qui se veut être une fenêtre ouverte sur l’Asie, mais aussi une découverte de soi, comme tout enseignement avec un E majuscule.

Pierre Journoud et Nguyên Thanh Hoa, les deux créateurs de ce diplôme, nous en disent un peu plus. Pierre Journoud est le professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, en charge des coopérations avec le Vietnam. Nguyên Thanh Hoa est l’ancienne vice-doyenne du Département de français de l’ULIS.
Pierre Journoud : Les études vietnamiennes sont une vieille tradition en France, une tradition qui remonte à l’époque coloniale. Mais elles souffrent de deux grands écueils. D’une part, elles sont globalement polarisées à Paris, où le nombre d’inscrits tend pourtant à diminuer. D’autre part, elles sont très académiques, et donc gourmandes en termes de volume horaire. Nous, nous souhaitions une formation plus légère, complémentaire d’un parcours universitaire principal ou d’un parcours professionnel, et surtout très connectée au terrain, à la coopération franco-vietnamienne… Une formation qui permette aux Français de mieux comprendre le Vietnam dans toutes ses dimensions, au plus près des réalités, sans préjugé ni tabou. Français, âgés de 20 à 76 ans, nos étudiants viennent principalement de Montpellier, de la région parisienne… et du Vietnam, de la diaspora vietnamienne, en fait…

Pouvez-vous nous parler du programme d’enseignement ?

Pierre Journoud : Le DU a ouvert en octobre 2019 avec un seul niveau et en 2020 avec deux niveaux. Si tout va bien, il ouvrira en octobre 2021 avec trois niveaux et donc, trois promotions d’étudiants. Le point commun entre les programmes des trois niveaux, c’est l’apprentissage du vietnamien tout au long de l’année universitaire. Au second semestre de la troisième année, l’apprenant sera incité à poursuivre son apprentissage de la langue dans le cadre d’un stage au Vietnam. À côté du vietnamien, le niveau 1 met l’accent sur la découverte historique du Vietnam, depuis sa formation jusqu’à nos jours. Cette connaissance du passé dans sa longue durée nous semble un préalable indispensable à la compréhension du pays et de son actualité. Les niveaux 2 et 3 accompagnent les apprenants dans leur découverte d’un Vietnam contemporain, aux mille facettes, bien au-delà des clichés souvent liés en France à l’héritage de la colonisation et des guerres qui l’ont suivie. Un Vietnam à la fois moderne et traditionnel, en plein développement, résolument inséré dans son espace régional, et ouvert à de nombreuses influences.

Comment l’ULIS a-t-elle participé à cette coopération ?

Nguyên Thanh Hoa : La coopération entre nos deux établissements n’a cessé de s’intensifier à travers des échanges d’étudiants (de plus en plus nombreux jusqu’à l’arrivée de la pandémie), des invitations d’enseignants, des colloques… Notre DU consolide un lien déjà fort tissé entre nos deux établissements. L’enseignement de la langue vietnamienne est assuré par Nguyên Thanh Hoa. Les cours d’histoire et de géopolitique sont à la charge de Pierre Journoud, spécialiste des relations franco-vietnamiennes et régulièrement associé à des visites diplomatiques de haut niveau entre les deux pays, qui a mis en place l’accord de coopération en 2016. L’envoi des premiers étudiants français à Hanoï, en 2017, et la qualité de l’accueil qui leur a été réservé, ont également donné naissance à une association d’entraide étudiante très active –  “9.316km” (pour la distance à vol d’oiseau entre Montpellier et Hanoï) – qui facilite l’accueil et l’épanouissement des étudiants vietnamiens à Montpellier. Nous sommes comblés par cette implication forte des étudiants qui ont bénéficié de nos accords et de la généreuse hospitalité vietnamienne. Ils organisent de nombreuses activités pour les étudiants français, vietnamiens et désormais aussi sud-est asiatiques, et approfondissent des sujets d’actualité dans le cadre de cafés-débats franco-vietnamiens sur Zoom.

Quid des soutiens venant d’experts vietnamiens ?

Nguyên Thanh Hoa : L’ambassadeur du Vietnam en France (Nguyên Thiêp, jusqu’à son retour au Vietnam en mai 2021) et toute son équipe nous ont offert un soutien fort, constant et vraiment précieux. Plusieurs experts vietnamiens francophones venus d’institutions d’enseignement et de recherche sont associés à nos enseignements et à nos (visio)conférences, par exemple dans les domaines de la diplomatie, du journalisme, du patrimoine culturel et architectural, de la littérature et des arts… Nous espérons renforcer encore leur présence, à l’avenir, et susciter de nouveaux échanges.

Comment le programme d’enseignement s’est-il adapté à la crise sanitaire ?

Pierre Journoud : Indépendamment de la crise sanitaire, nous avions mis en place une formation hybride – en présentiel et sur Zoom – qui nous a permis de nous retrouver avec des apprenants d’un peu partout : Vietnam, Ile française de la Réunion, Bordeaux, Lille, Paris, Montpellier et ses environs…. La crise ne nous a pas empêchés de poursuivre cette belle aventure commune mais en allant à l’essentiel : les cours en ligne avec quelques séminaires complémentaires à distance. Heureusement, cette distance n’a pas rompu les liens que nous avons tissés avec les apprenants et la chaleureuse atmosphère qui en résulte.

Nous n’avons pas pu organiser comme l’année dernière une soirée de lancement, un cycle audiovisuel, des repas franco-vietnamiens ou des voyages d’études dans des lieux de mémoire franco-vietnamiens. En mars 2020, juste avant le premier confinement, nous avions organisé le premier – et jusqu’à ce jour le seul – voyage de promotion à Marseille et en Camargue, sur les traces des tirailleurs et travailleurs indochinois engagés en France pendant les deux guerres mondiales. Un souvenir mémorable.

Nous attendons avec impatience la fin de la pandémie pour renouer avec ce type d’événements aussi riches que fédérateurs.

Ce cours est-il gratuit ou payant ?

Pierre Journoud : C’est un programme auto-financé par les inscriptions des étudiants. Ceux qui sont déjà inscrits à Paul-Valéry (donc en double inscription) paient 400 euros pour l’année (pour une centaine d’heures de cours et d’activités par an) ; les autres 800. Il faut donc un nombre minimum d’inscriptions pour le pérenniser. Et nous comptons sur vous pour faire connaitre ce diplôme unique en France, notamment auprès des Français d’origine vietnamienne.

Agence Vietnamienne d’Information – 28 juin 2021

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