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En Birmanie, plus de 1 000 civils ont été tués depuis le coup d’Etat militaire

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Le pays est en proie au chaos depuis que l’armée a pris le pouvoir, en février, déclenchant une répression sanglante contre les manifestations en faveur de la démocratie.

Les forces de sécurité birmanes ont tué plus de 1 000 civils depuis que l’armée a chassé Aung San Suu Kyi du pouvoir, il y a un peu plus de six mois, a affirmé, mercredi 18 août, l’ONG Assistance Association for Political Prisoners (AAPP).

Le pays est en proie au chaos depuis que l’armée a pris le pouvoir le 1er février, déclenchant une répression sanglante contre les manifestations en faveur de la démocratie et mettant l’économie à plat. Les forces de sécurité ont notamment utilisé des balles réelles contre les civils.

Malgré ces violences, les foules mobilisées contre la junte, dont certaines ont formé des groupes d’autodéfense, continuent de descendre quotidiennement dans la rue lors de manifestations éclair. « Tant que les militaires seront au pouvoir, ils continueront de tuer des jeunes, des professionnels, comme les médecins et les enseignants, des hommes, des femmes et des enfants », a déclaré Ko Bo Kyi, cosecrétaire de l’AAPP. « Ils ne suppriment pas seulement nos vies, mais aussi l’avenir du pays et ses espoirs démocratiques », a-t-il ajouté.

Ko Bo Kyi, qui vit caché, a également accusé les autorités de « militariser » l’épidémie de Covid-19, alors que le pays affronte une forte vague de contaminations. A ce jour, la Birmanie a enregistré plus de 360 000 cas et 13 623 décès dus au coronavirus (SARS-CoV-2).

La crise sanitaire a été aggravée par la faiblesse du système de santé. De nombreux hôpitaux ont été vidés de leurs personnels pour participer au mouvement de désobéissance civile. Les patients hésitent également à se rendre dans les hôpitaux gérés par l’armée, ce qui crée de longues files d’attente pour se procurer de l’oxygène et des fournitures médicales dans les pharmacies de Rangoun, la plus grande ville du pays.

Aung San Suu Kyi toujours assignée à résidence

La junte a justifié sa prise de pouvoir comme un moyen de protéger la démocratie, prétextant des fraudes électorales lors des élections législatives de novembre, remportée par le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie. Selon les autorités, le nombre de victimes civiles est beaucoup plus faible et elles ont également déclaré, en juin, que plus de 90 membres des forces de sécurité avaient été tués dans des affrontements.

L’ancienne chef du gouvernement, Aung San Suu Kyi, âgée de 76 ans, entame son septième mois d’assignation à résidence. Inculpée d’une multitude d’infractions (importation illégale de talkies-walkies, non-respect des restrictions liées à l’épidémie, corruption, sédition…), elle risque de longues années de prison.

Le commandant en chef des forces armées birmanes, le général Min Aung Hlaing, a été nommé premier ministre d’un gouvernement « intérimaire » que la junte a baptisé Conseil d’administration de l’Etat.

Le Monde avec Agence France Presse – 18 août 2021

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