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Le Vietnam peut-il doubler la Thaïlande dès 2026 ? Une nouvelle hiérarchie économique se dessine en Asie du Sud-Est

Le dragon vietnamien continue de rugir en Asie. Après une croissance de 8 % en 2025, il démarre l’année sur un train d’enfer et vise les deux chiffres pour 2026. Avec de solides arguments pour arriver à ses fins.

La Thaïlande se retrouvera-t-elle bientôt sur la troisième marche du podium des économies d’Asie du Sud-Est, cette région où les économistes prédisent que se joue la nouvelle étape de la croissance mondiale ? C’est en tout cas ce qui lui pend au nez. Lundi 5 janvier, le bureau national des statistiques vietnamien a rendu publics les chiffres de la croissance au dernier trimestre 2025. Un résultat à faire tomber d’évanouissement un ministre des Finances occidental : + 8,5 %, au niveau de l’ensemble de l’année (+ 8 %). Mais le Vietnam peut faire encore mieux en 2026, avertit son Premier ministre Pham Minh Chinh : « Une croissance à deux chiffres est possible. »

Ce bond en avant permettrait à ce pays – qui vient de rentrer dans le petit club des nations de plus de 100 millions d’habitants (seize pays membres) – de dépasser l’économie thaïlandaise vers la fin de l’année, et de se placer au second rang dans la région, derrière l’Indonésie. Moins enthousiaste, l’OCDE table tout de même sur un bond de 6 % du PIB vietnamien en 2026.

Tous en tout cas s’accordent à lui prédire une belle année. Les travaux publics devraient bondir de 26 %. L’investissement étranger coule à flots et est à un niveau record (+ 9 % en 2025 par rapport à 2024). Le Vietnam, qui essuie un déficit commercial avec la Chine mais dégage un excédent commercial avec les États-Unis, profiterait à plein de la stratégie « China + 1 » des multinationales, qui se ménagent une deuxième base de production dans ce pays.

Certes, Donald Trump lui impose des droits de douane punitifs d’environ 20 % (avec 122 milliards de dollars dans le rouge, le Vietnam est le troisième plus important déficit commercial de l’Amérique), qui rendent « l’étape vietnamienne » moins logique pour les multinationales. Mais les droits de douane que subissent les produits vietnamiens demeurent inférieurs aux droits de douane chinois (autour de 30 %).

« Les exportations vietnamiennes vers les États-Unis sont restées globalement stables. Ce pays reste le premier marché d’exportation du Vietnam, ce qui est un soulagement, car les principales catégories de produits, telles que les smartphones, l’électronique grand public et les composants, sont exemptées des droits de douane réciproques américains. Les secteurs touchés par les droits de douane, tels que la chaussure et le textile, ont commencé à montrer des signes de ralentissement de leur croissance », note Albert Chang, de McKinsey, dans un récent rapport.

Même son de cloche chez l’autre consultant KPMG, qui aligne les indicateurs alléchants pour l’investisseur étranger dans un rapport paru en 2025 : une « structure démographique en or », dont 70 % de la population est en âge de travailler ; des salaires ultra-compétitifs, moitié moins élevés que ceux des Thaïlandais et un quart moins que ceux des travailleurs chinois ; un environnement réglementaire de plus en plus favorable à l’investissement direct étranger. Sauf accident de parcours, le pays est bien parti.

Par Régis Arnaud – Challenges – 8 janvier 2026 

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