Washington débloque 45 millions de dollars pour la frontière cambodgienne
Washington entend soutenir durablement le cessez-le-feu entre le Cambodge et la Thaïlande. Une enveloppe de 45 millions de dollars doit financer la stabilisation frontalière, le déminage et la lutte contre les trafics.
Une aide américaine ciblée sur la sécurité et la reprise locale
Les États-Unis ont annoncé une aide totale de 45 millions de dollars destinée à soutenir la stabilisation de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande.
Cette enveloppe comprend 15 millions de dollars pour la stabilisation des zones frontalières, 10 millions pour le déminage et la dépollution des munitions non explosées, ainsi que 20 millions pour la lutte contre les réseaux d’escroquerie en ligne et le trafic de drogue.
Selon Michael George DeSombre, secrétaire d’État adjoint aux affaires de l’Asie de l’Est et du Pacifique, cette aide est jugée essentielle pour préserver la stabilité régionale et soutenir la reprise économique.
« Le cessez-le-feu a déjà eu un impact positif sur le commerce et les activités économiques », a-t-il souligné.
Soutenir les déplacés et sécuriser durablement les zones frontalières
L’aide américaine vise en priorité à permettre aux communautés touchées par les affrontements de se relever, à soutenir les populations déplacées et à rétablir des conditions de vie normales, afin d’éviter que les difficultés humanitaires ne fragilisent le cessez-le-feu. Une partie des fonds sera consacrée au déminage et à l’élimination des restes explosifs de guerre, afin de sécuriser les zones frontalières tant pour les civils que pour les forces de sécurité.
« Il s’agit de rendre ces régions plus sûres et de prévenir de nouveaux accidents », a précisé Michael George DeSombre.
Lutte contre les escroqueries et le narcotrafic
Le programme prévoit également un volet consacré à la lutte contre les escroqueries transnationales et le trafic de stupéfiants, particulièrement actifs dans certaines zones frontalières. Ces activités sont considérées par Washington comme déstabilisatrices, tant pour la région que pour les intérêts américains.
Réduire ces trafics devrait contribuer à renforcer la gouvernance locale, améliorer la sécurité et favoriser une paix durable.
La question sensible de la délimitation frontalière
Les États-Unis se disent également prêts à soutenir d’éventuels travaux de délimitation de la frontière, si les deux pays en font la demande. « Cette question doit toutefois être réglée de manière bilatérale par la Thaïlande et le Cambodge », a rappelé Michael George DeSombre.
Les États-Unis se positionnent donc comme un acteur extérieur du processus, combinant pressions diplomatiques, coopération avec l’ASEAN et la Malaisie, ainsi qu’un appui financier à la mise en œuvre des accords de paix conclus à Kuala Lumpur.
Des obstacles persistants à la mise en œuvre des accords
Michael George DeSombre a reconnu que l’application des accords se heurte à plusieurs difficultés : la complexité historique du différend frontalier, des mécanismes de surveillance encore lents à se mettre en place, des incertitudes politiques, notamment liées au calendrier électoral thaïlandais, et des besoins humanitaires urgents liés aux fermetures de la frontière.
Ces éléments ont contribué à ralentir les progrès et à fragiliser le processus.
« Le rétablissement de la paix à la frontière ouvre de nouvelles opportunités pour approfondir notre coopération avec les deux pays et promouvoir un Indo-Pacifique plus sûr et plus prospère », a-t-il affirmé.
Le président américain Donald Trump avait personnellement contacté les dirigeants cambodgiens et thaïlandais le 26 juillet, appelant à un cessez-le-feu et avertissant que certaines initiatives américaines seraient suspendues tant que les combats se poursuivraient.
Les États-Unis ont ensuite coorganisé, avec la Malaisie, des pourparlers à Kuala Lumpur, débouchant sur un cessez-le-feu initial le 28 juillet, avant une reprise des violences le 7 décembre, ayant entraîné le déplacement de plus de 500 000 personnes.
Par Teng Yalirozy – Cambodianess / Lepetitjournal.com – 11 janvier 2026
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