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 « C’est la plus grande saisie et destruction réalisée dans une opération antidrogue de notre histoire », affirme la junte

La junte au pouvoir en Birmanie affirme avoir mis au jour trois laboratoires géants de fabrication de méthamphétamine, dissimulés au cœur de la jungle. Selon les autorités militaires, ces sites auraient produit à eux seuls plus d’un tiers des saisies de cette drogue de synthèse réalisées dans le pays l’an dernier, confirmant le rôle central du pays dans le trafic régional de stupéfiants.

Des journalistes de l’AFP ont été conviés à une visite encadrée par l’armée sur deux des sites découverts au sud de la ville de Hsipaw, dans le nord-est du pays. Sur place, ils ont observé les restes encore fumants de vastes installations enfouies dans la végétation. Les laboratoires s’étendaient sur de larges zones, avec leurs propres routes, des quartiers d’habitation, ainsi que des infrastructures d’électricité et d’approvisionnement en eau.

Au sol, des masques à gaz et des gants en caoutchouc témoignaient de la récente activité des lieux. Dans plusieurs barils, la police a montré ce qu’elle décrit comme de la méthamphétamine sous forme de cristaux, prête à être broyée puis transformée en pilules.

« La plus grande saisie de notre histoire »

La junte n’a pas manqué de souligner l’ampleur de l’opération. « C’est la plus grande saisie et destruction réalisée dans une opération antidrogue de notre histoire », a déclaré aux journalistes Zaw Min Tun, porte-parole du régime militaire, lors d’un point presse dans la ville de Pyin Oo Lwin.

Selon la police, les trois sites découverts auraient produit plus d’un tiers des 37 tonnes de méthamphétamine saisies en 2025 en Birmanie. Cette estimation repose sur des informations fournies par des informateurs, mais aussi sur la comparaison des sachets de thé et de café utilisés par les trafiquants pour dissimuler la drogue lors de son transport.

Un trafic prospère sur fond de guerre civile

La Birmanie est depuis longtemps un point névralgique du trafic de drogues en Asie du Sud-Est, en particulier dans l’État Shan, région montagneuse frontalière de la Chine et de la Thaïlande. Mais depuis le coup d’État militaire de 2021, la situation s’est encore aggravée.

La guerre civile qui oppose la junte à une mosaïque de groupes rebelles a fragmenté le contrôle du territoire. De vastes zones échappent au pouvoir central, offrant un terrain propice à la production et à la contrebande de stupéfiants. Plusieurs groupes armés sont accusés par les autorités et par des analystes indépendants de financer leur lutte grâce aux revenus tirés du trafic de drogues.

Dans ce contexte, l’annonce spectaculaire de ces saisies permet aussi à la junte de mettre en scène sa capacité à lutter contre les trafics, alors même que le conflit en cours continue d’alimenter l’économie clandestine de la drogue dans le pays.

Agence Belga – 15 janvier 2026

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