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Vers un gouvernement de coalition après les élections ?

La Thaïlande s’apprête à vivre, le 8 février, une élection législative majeure. Pour la première fois, les 500 députés de la Chambre des représentants choisiront le Premier ministre sans l’intervention du Sénat, marquant une évolution institutionnelle importante.

Si ce changement renforce en théorie la légitimité démocratique du scrutin, il ne dissipe pas pour autant la complexité du paysage politique.

Les sondages dessinent une compétition très ouverte entre trois formations majeures : le People’s Party, Bhumjaithai et Pheu Thai, chacune susceptible de remporter entre 80 et 150 sièges. Aucun parti ne s’approche de la majorité absolue fixée à 251 sièges, rendant la formation d’une coalition inévitable. Cette configuration impose des alliances délicates entre rivaux idéologiques, avec le risque d’un gouvernement fragile et de négociations prolongées.

Parallèlement, le camp conservateur semble se recomposer. Les partis Palang Pracharath et United Thai Nation, en net recul, tendent à se regrouper autour de Bhumjaithai, soutenus par l’émergence de Kla Tham. Cette consolidation réduit le poids des petites formations et concentre la compétition autour de trois grands pôles politiques.

Cette échéance électorale intervient dans un contexte économique tendu

La Thaïlande fait face à des défis structurels profonds : vieillissement accéléré de la population, dette des ménages proche de 90 % du PIB, croissance atone autour de 1,5 % et perte de compétitivité industrielle. Malgré ces enjeux, le débat politique reste largement dominé par des promesses à court terme, au détriment de réformes structurelles de long terme. Le calendrier électoral pourrait par ailleurs retarder de un à deux mois l’adoption du budget 2027, pesant temporairement sur l’investissement public à la fin de l’année 2026.

Sur le plan financier, ces contraintes devraient limiter la marge de manœuvre budgétaire du futur gouvernement. Les analystes anticipent un aplatissement de la courbe des taux thaïlandais, le court terme restant contraint par la politique économique tandis que les émissions à long terme devraient rester prudentes. Dans ce contexte, la devise thaïlandaise demeure structurellement soutenue par des fondamentaux jugés solides, même si des tensions politiques liées à la formation d’une coalition pourraient provoquer une volatilité de court terme.

À l’approche du scrutin, l’élection thaïlandaise apparaît ainsi comme un moment charnière : porteuse d’un renouveau institutionnel, mais aussi révélatrice des limites d’un système politique confronté à des défis économiques et sociaux de plus en plus pressants.

Gavroche-thailande.com – 16 janvier 2026

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