La Birmanie et la Russie renouvellent leur alliance militaire pour cinq ans
La Birmanie et la Russie ont signé un nouveau pacte de coopération militaire de cinq ans, a annoncé Moscou mardi 3 février, de quoi renforcer une alliance considérée par des analystes comme essentielle au pouvoir de la junte. Les livraisons d’équipements militaires russes ont été essentielles pour la junte militaire, qui bombarde sans relâche la rébellion pro-démocratie. Alors que l’armée birmane est particulièrement isolée, Moscou se révèle être un allié stratégique.
Coopération sur le nucléaire, rencontre avec Vladimir Poutine, avions de chasse… Depuis le coup d’État, la Russie a offert à Min Haung Laing, le chef de la junte, tout ce dont il pouvait rêver.
Le pays est le théâtre d’une guerre civile depuis le renversement par l’armée en 2021 du gouvernement démocratique d’Aung San Suu Kyi. Dans ce contexte, les militaires au pouvoir s’appuient sur le soutien de la Russie et de la Chine pour leurs approvisionnements en équipements. L’armée birmane est accusée par la Commission des droits de l’homme de l’ONU de crime de guerre et de crime contre l’humanité contre les civils.
Mais la Russie « soutient pleinement la ligne suivie par les autorités birmanes pour protéger l’intégrité territoriale et renforcer la souveraineté et la sécurité nationale », a assuré, ce mardi 3 février, Sergueï Choïgou, secrétaire du Conseil de sécurité russe en visite en Birmanie. Après sa visite dans le pays, le ministère russe de la Défense a annoncé que le nouveau pacte signé avec la Birmanie serait en vigueur jusqu’en 2030, a rapporté l’agence russe Tass.
Les médias d’État birmans ont eux aussi confirmé l’accord visant à l’« amélioration de la coopération en matière de défense ». Aucun détail n’a filtré sur d’éventuelles nouvelles livraisons d’armes russes, mais les précédentes ont déjà eu un rôle crucial dans la guerre civile qui fait rage depuis cinq ans.
Moscou, fournisseur d’équipements militaires à la junte birmane
L’intensification nette des bombardements de la junte depuis 2025 a été notamment permise par les six avions de chasse Sukhoï-30, dont la livraison s’est achevée l’année dernière.
Mais Moscou aurait aussi fourni des équipements de drones d’attaques kamikaze, tout comme du matériel de brouillage de signal permettant à l’armée birmane de bénéficier d’un avantage technologique nette face à la rébellion pro-démocratie et les armées ethniques qui peinent de plus en plus à contester son pouvoir.
La junte a convoqué ces dernières semaines des élections législatives, les premières organisées depuis le coup d’État. La principale formation pro-militaire, le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD), a remporté un peu plus de 80% des sièges du Parlement, selon les résultats de la commission électorale compilés par l’AFP.
Mais alors que le pouvoir a présenté ces élections comme une opportunité de réconciliation, les groupes rebelles armés les ont jugées illégitimes, et les observateurs estiment qu’elles ont peu dechancese de mettre fin à la guerre civile.
Les élections ont été annulées dans une municipalité sur cinq en raison des combats. Dans les territoires contrôlés par la junte, toute dissidence a été réprimée, de nouvelles lois punissant toute critique des élections de peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison.
Radio France Internationale – 4 février 2026
Articles similaires / Related posts:
- Min Aung Hlaing, le chef de la junte birmane, à Moscou Min Aung Hlaing, le dirigeant de la junte qui s’est emparée du pouvoir en Birmanie en février dernier, est arrivé à Moscou, dimanche 20 juin, pour une visite de plusieurs jours à l’invitation du ministère russe de la Défense. C’est la deuxième fois, depuis le coup d’État en Birmanie, que Min Aung Hlaing effectue un déplacement officiel à l’étranger....
- Russie et Birmanie s’engagent à renforcer leurs liens La Birmanie et la Russie se sont engagées lundi à renforcer leur coopération en matière de sécurité et dans d’autres domaines à l’occasion d’une rencontre à Moscou entre le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, et le secrétaire du conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev....
- Pour Rangoun, Moscou n’est pas un allié si idéal Notre ami et chroniqueur François Guilbert garde un œil attentif sur la situation en Birmanie. A l’ombre de la guerre en Ukraine, il nous livre son analyse sur le rapprochement entre les généraux birmans et le pouvoir de Vladimir Poutine....
- Birmanie : le chef de la junte se rendra en Russie la semaine prochaine Le chef de la junte birmane se rendra la semaine prochaine en Russie pour des pourparlers économiques, a indiqué samedi un média d’Etat du pays d’Asie du Sud-Est. Min Aung Hlaing assistera au Forum économique oriental de Vladivostok, a précisé The Global New Light....
- Birmanie : comment la Russie coopère avec la junte Menacés par une coalition de groupes rebelles, les militaires au pouvoir depuis le coup d’État de février 2021 mènent des exercices militaires avec la marine russe....