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PNE débouté au Vietnam : nouveau revers pour les investisseurs étrangers dans l’éolien

Les autorités vietnamiennes ont choisi une filiale nouvellement créée du conglomérat immobilier Vingroup pour développer la première phase de l’un des plus grands projets éoliens du pays, écartant ainsi l’entreprise allemande des énergies renouvelables PNE, soutenue par Morgan Stanley, qui a déclaré avoir été surprise par cette décision.

Il s’agit du dernier revers en date pour les investisseurs étrangers dans le secteur énergétique vietnamien, après que Hanoï a rétroactivement réduit les subventions accordées à plusieurs entreprises du renouvelable l’année dernière. Les divergences sur les prix de l’électricité et les délais pèsent également sur les investissements étrangers dans les secteurs naissants du gaz naturel liquéfié et du nucléaire du pays. Cette décision constitue un nouveau succès pour Vingroup, la plus grande entreprise vietnamienne en termes de capitalisation boursière, qui poursuit son expansion grâce à des politiques gouvernementales favorables. Parti de l’immobilier, le groupe s’est diversifié dans le tourisme, l’éducation et la santé. Il détient le constructeur de véhicules électriques VinFast, coté au Nasdaq, et a lancé l’année dernière des activités dans de nouveaux secteurs tels que les chemins de fer, l’acier, l’énergie, le divertissement et l’espace. 

PNE A INVESTI DES MILLIONS DE DOLLARS

PNE prévoyait d’investir 4,6 milliards de dollars dans ce projet éolien offshore de 2 000 mégawatts, qui a récemment été reclassé en projet éolien côtier, malgré l’absence de modifications substantielles du plan initial. Le Vietnam ambitionne d’atteindre 6 000 mégawatts de capacité éolienne offshore d’ici 2030-2035, contre zéro actuellement, et jusqu’à 38 000 mégawatts pour les projets terrestres et côtiers. Le Comité populaire de la province de Gia Lai a approuvé l’offre de VinEnergo, filiale de Vingroup, pour la première phase de 750 mégawatts du projet, avec un investissement de 48,3 milliards de dongs (1,9 million de dollars), selon une note publiée plus tôt cette semaine, sans mentionner PNE ni un autre candidat vietnamien non retenu. « Nous avons pris acte de cette décision avec surprise. Nous examinons actuellement les motivations invoquées et déciderons ensuite des prochaines étapes », a déclaré PNE à Reuters.

inEnergo n’a encore développé aucun parc éolien, mais a remporté d’autres projets au Vietnam depuis sa création en mars. Le Comité populaire de Gia Lai et Vingroup n’ont pas répondu aux demandes de commentaires. PNE travaille sur ce projet depuis 2019, réalisant des études de faisabilité et des tests de vent, selon deux sources proches du dossier. Ces sources ont demandé l’anonymat, n’étant pas autorisées à s’exprimer publiquement. L’une d’elles a indiqué que l’entreprise avait déjà investi plusieurs millions de dollars. PNE a refusé de commenter le montant des coûts engagés. Les sources rapportent que les autorités vietnamiennes ont formulé des inquiétudes inattendues concernant l’engagement financier de PNE, l’une d’elles précisant que la société avait été invitée à déposer préventivement les fonds d’investissement sur des comptes vietnamiens à titre de garantie. L’investisseur mondial Morgan Stanley Infrastructure détient une participation majoritaire dans PNE. La société allemande a ouvert un bureau au Vietnam et a signé un protocole d’accord avec les autorités vietnamiennes sur la tarification de l’électricité, selon son site internet. 

UN SOUTIEN GOUVERNEMENTAL AUX CHAMPIONS NATIONAUX 

Plusieurs entreprises occidentales de l’éolien ont quitté le Vietnam ces derniers mois dans le cadre de réorganisations mondiales, dont Equinor (Norvège), Orsted (Danemark) et Enel (Italie). Le principal dirigeant vietnamien, To Lam, promeut un nouveau modèle de croissance axé sur le soutien aux champions nationaux, un tournant qui a parfois entraîné des frictions avec les investisseurs étrangers, pourtant piliers du boom économique vietnamien depuis des décennies. Vingroup figure parmi les principaux bénéficiaires de cette nouvelle politique. Son action a bondi de plus de 700 % l’année dernière. Le pays d’Asie du Sud-Est est un centre majeur pour les opérations industrielles de multinationales étrangères tournées vers l’exportation. La demande croissante d’électricité a parfois entraîné des coupures de courant, le pays peinant à augmenter significativement sa production énergétique. Il a souvent comblé ses besoins supplémentaires en brûlant davantage de charbon, en dépit de ses engagements à en réduire l’usage.

Par Francesco Guarascio – Reuters – February 6, 2026

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