Tournoi pee-wee : le hockey « en croissance » en Thaïlande
En foulant la glace du Centre Vidéotron ce dimanche, une équipe thaïlandaise a marqué l’histoire du Tournoi international pee-wee de Québec en devenant la première du pays à participer à la compétition. Elle pourrait bien ne pas être la dernière, puisque le hockey tend à se développer en Thaïlande, signalent les membres de l’équipe.
La formation du nom de Thailand Selects est inscrite dans la catégorie AA du tournoi, soit le troisième échelon sur quatre en termes de calibre. Les joueurs ont fait le voyage jusqu’en sol québécois, afin de vivre l’expérience unique de la compétition pee-wee la plus relevée sur la planète.
Ça a été beaucoup de travail pour se rendre jusqu’ici, c’est très loin de la Thaïlande
, lance le gérant de l’équipe, Raj Rattanavich.
Son fils, Ryu Rattanavich, évolue au sein de l’équipe. Ses coéquipiers et lui ont été émerveillés en mettant les pieds à l’intérieur de l’amphithéâtre digne de la Ligue nationale de hockey (LNH) pour la première fois. C’est vraiment énorme, nous étions vraiment excités
, confirme le jeune homme.
C’est un entraîneur de la Saskatchewan qui est expatrié là-bas, en Thaïlande, qui a bâti un programme de hockey
, fait savoir Patrick Dom, le directeur général du tournoi.
Ce dernier assure s’être enquis du calibre de jeu de l’équipe avant d’accepter sa candidature. Je ne veux pas non plus qu’ils se fassent battre 15-0 parce que quand on parle de Thaïlande, d’habitude, on parle de soleil et de plage
, illustre-t-il.
Une victoire pour débuter
Si les jeunes Thaïlandais venaient d’abord et avant tout à Québec pour s’amuser et gagner en expérience, ils n’ont pas pour autant raté leur rentrée sur la glace.
Thailand Selects a remporté son premier match par la marque de 2-1 dimanche face aux Mariniers de Sorel–Sainte-Julie, une équipe notamment dirigée par l’ex-joueur de la LNH, le Québécois Maxime Talbot.
C’était un super match. Nous avons joué contre une bonne équipe, ils ont bien joué
, a humblement lancé Ryu Rattanavich au terme de la rencontre.
C’était la première fois qu’on jouait sur une aussi grosse patinoire. La foule était très grosse, donc nous étions un peu nerveux en première période
, a-t-il avoué.
Cette victoire leur assure de disputer un second match devant les spectateurs du Centre Vidéotron mercredi prochain, à 15 h 30.
Je crois que nous pouvons gagner le tournoi, nous avons une chance. Une citation de Ryu Rattanavich, joueur de l’équipe Thailand Selects
La Thaïlande… un pays de hockey ?
Bien que ce ne soit qu’un seul match, cette démonstration sans complexe de la part de la formation asiatique reflète ce que les membres de l’équipe observent depuis déjà quelques années : le hockey sur glace est en expansion en Thaïlande.
En reculant d’une dizaine d’années, il aurait été peu probable, voire de la fiction, d’imaginer qu’une formation orientale puisse rivaliser de la sorte avec des jeunes Nord-Américains en hockey sur glace.
C’est en pleine croissance. Nous avons deux patinoires nouvellement construites aux dimensions de la LNH et aux dimensions olympiques à Bangkok. Nous avons également des patinoires dans d’autres régions de Thaïlande.Une citation deRaj Rattanavich, gérant de l’équipe Thailand Selects et parent
Actuellement, les jeunes Thaïlandais qui désirent s’initier au hockey le font en moyenne vers l’âge de sept ou huit ans, estime Lachata Kititeekakul, l’un des entraîneurs de l’équipe. Au Québec, c’est souvent dès l’âge de quatre ou cinq ans qu’on enseigne le hockey aux plus petits, d’après Hockey Québec.
Ce n’est pas facile. Ce n’est pas le sport le plus pratiqué en Thaïlande, cela demande beaucoup de dévouement
, témoigne Raj Rattanavich.
Dans ce contexte, comment en vient-on donc à vouloir devenir joueur de hockey dans ce pays où le mercure n’atteint jamais le point de congélation?
Je voulais juste faire du sport, mais tous les sports que je trouvais étaient pratiqués au chaud. Alors j’ai voulu faire du hockey sur glace parce qu’il fait froid et que ça se joue sur une patinoire intérieure
, confie spontanément Naruepa Udomwong, l’un des joueurs de Thailand Selects.
Potentielle source d’espoir pour d’autres jeunes comme lui, un certain plafond de verre a été brisé dans la LNH ces dernières années.
Le défenseur, Jonas Siegenthaler, qui évolue présentement pour les Devils du New Jersey, est devenu le tout premier athlète d’origine thaïlandaise à jouer dans le circuit Bettman ces dernières années.
À l’échelle mondiale, la Thaïlande demeure pour l’instant loin des nations formant l’élite du hockey international, elle qui disputera les prochains Championnats du monde masculin et féminin au sein de la troisième division de la Fédération internationale de hockey sur glace.
J’espère que [le hockey] va prendre de l’ampleur, car beaucoup de jeunes viennent étudier ici, au Canada et aux États-Unis
, souligne Lachata Kititeekakul.
Ils vont rentrer chez eux et inciter davantage de gens à s’y intéresser, surtout que beaucoup de gens regardent le hockey en Thaïlande
, insiste-t-il.
Par William Gagnon – Radio Canada – 15 février 2026
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