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Au Cambodge, une statue colossale de Shiva brisée en 10 000 morceaux vient d’être restaurée

Cette sculpture de 5 mètres de haut découverte sur le site de l’ancienne capitale Koh Ker, a été sauvée grâce à un projet d’envergure mené par l’Ecole Française d’Extrême Orient. La divinité hindoue a dix bras et cinq visages.

Une statue monumentale de « Shiva dansant » érigée dans la première moitié du Xe siècle, a été restaurée avec succès au Cambodge, a annoncé jeudi 19 mars le ministère de la Culture du pays. Elle avait été brisée en plus de 10 000 fragments il y a plusieurs décennies, lors de pillages. Cette sculpture en grès, chef-d’œuvre du patrimoine khmer, mesure près de 5 mètres de haut et son poids est estimé à 7 tonnes. Elle provient du sanctuaire royal du Prasat Thom, fondé par le roi Jayavarman IV, à Koh Ker, l’ancienne capitale de l’empire khmer. Elle représente la divinité hindoue Shiva avec dix bras et cinq visages. Les ruines du temple de Koh Ker, dans le nord du Cambodge, ont été inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco en 2023.

Le « Shiva dansant« , qui a pu « renaître après sa restauration complète« , a été dévoilé mercredi soir au Centre de conservation d’Angkor, dans la ville de Siem Reap, au nord-ouest du pays, où se trouve le célèbre site d’Angkor Wat [voir photo], a précisé le ministère. La conservation-restauration menée entre 2020 et 2026, sur une durée de 600 jours, s’inscrit dans le prolongement d’une mission archéologique et de travaux de recherche engagés dès 2012. Le projet, dirigé par Éric Bourdonneau de l’École Française d’Extrême-Orient (EFEO), avec Benoît Lafay à la tête de l’équipe de restauration, a réuni des restaurateurs de sculptures parmi les plus expérimentés et des spécialistes du soclage, aptes à reconstruire ce gigantesque puzzle.

La statue « a été renversée au XIVe siècle et brisée en plus de 10 000 fragments par des pilleurs » durant les années de guerre civile qu’a connues le pays, selon un communiqué du ministère de la Culture, de l’EFEO et d’autres acteurs impliqués dans sa reconstruction. Le texte précise que le « Shiva dansant » de Koh Ker occupe une place centrale dans l’histoire de l’art khmer. Il fixe le modèle iconographique de Shiva, « Seigneur des mondes », protecteur de la royauté khmère, repris par la suite sur les frontons de nombreux temples du royaume.

« Cette restauration constitue un puissant témoignage des efforts entrepris pour que les pilleurs n’aient pas le dernier mot« , ont-ils déclaré. Au cours de l’opération, qui a mobilisé 11 professions différentes, les restaurateurs ont recensé 2 750 fragments présentant des surfaces sculptées et identifié plus de 700 connexions, selon le communiqué. Les autorités espèrent réinstaller la sculpture à Koh Ker afin d’attirer davantage de touristes sur le site, a indiqué le ministère.

Les restitutions se multiplient

En juin 2014, trois statues de grès de Duryodhana, Bhima et Balarama volées, selon les autorités cambodgiennes, dans ce même temple situé à 80 kilomètres au nord-est des fameux temples d’Angkor, avaient été restituées au pays après « un long voyage de 40 ans » passant par les États-Unis. Les experts estiment que des milliers de reliques ont été sorties clandestinement du Cambodge au fil des ans. Le mois dernier, le Cambodge a accueilli le retour de 74 objets d’art restitués après avoir été pillés par un célèbre trafiquant britannique d’antiquités, Douglas Latchford.

Selon eux, ce trafic a prospéré du milieu des années 1960 aux années 1990, une période de guerre civile et d’instabilité qui a vu notamment l’avènement du régime génocidaire des Khmers rouges (1975-1979) et laissé le précieux patrimoine sans protection.

Par Valérie Gaget – France Télévisions avec Agence France Presse – 19 mars 2026

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