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Chiang Mai, ville la plus polluée du monde, avec des chiffres qui font peur

AQI (indice de qualité de l’air) de 239, PM2.5 à 163,5 µg/m³, 303 foyers d’incendie en une nuit. Des chiffres qui donnent le tournis, Chiang Mai étouffe. Et c’est parfois pire ailleurs.

Ce mardi 31 mars, Chiang Mai est redevenue la ville la plus polluée du monde. L’indice de qualité de l’air (AQI) atteignait 239 à 10 heures du matin. La concentration de PM2.5 (les particules fines les plus dangereuses pour la santé) était mesurée à 163,5 microgrammes par mètre cube. L’OMS fixe la limite journalière recommandée à 15 µg/m³. Le seuil recommandé est dépassé de plus de dix fois. Bangkok, le même jour, affichait un AQI de 62 et un PM2.5 à 14, trente-sixième ville la plus polluée du monde. Presque dans les normes.

89 foyers lundi, 303 le lendemain

Les images satellites Gisda (l’agence thaïlandaise de développement des technologies géospatiales et spatiales) sont sans appel. En vingt-quatre heures, le nombre de départs de feu actifs dans la province de Chiang Mai a presque triplé. 89 points chauds recensés lundi, 303 le mardi matin. La progression est fulgurante.

Chaque année entre février et avril, la fin de la saison sèche crée les conditions idéales pour ce type de crise. Les masses d’air stagnent, les pluies se font rares. Les brûlis agricoles, la pollution  et les feux de forêt font grimper les indices.

Cette année, comme nous le rappelions en début de semaine, le mois de mars avait été relativement clément, quelques orages avaient temporairement nettoyé l’atmosphère. Mais depuis le 27 mars, les températures dépassent 35 degrés en journée, parfois ressenties autour de 40. Les alertes officielles tombent quotidiennement sur les téléphones des habitants des 17 provinces concernées.

Samoeng et Hot déclarées zones sinistrées

La province a officialisé l’état de catastrophe dans deux districts. Samoeng, avec quatre sous-districts touchés, Hot avec six. Les agences d’État et les collectivités locales ont été mobilisées pour évaluer les dégâts et porter assistance aux habitants. Un hélicoptère de la Direction de la prévention des catastrophes a été engagé pour larguer de l’eau sur les incendies du parc national de Sri Lanna, dans le district de Mae Tang.

Dans les établissements scolaires, les récréations se font en intérieur, les cours de natation sont supprimés. Une fermeture des écoles n’est pas exclue si la situation se dégrade davantage. Aucune amélioration significative n’est attendue avant le 5 avril au moins.

Chiang Mai, emprisonnée

La géographie de Chiang Mai aggrave le problème, la ville est installée au fond d’une vallée encaissée, entourée de reliefs. Les particules fines s’y accumulent, piégées dans la vallée avec l’absence de vent. Pas de circulation d’air donc pas de dispersion.

Depuis Doi Suthep, la pollution reste visible. Une couche de brume flotte dans l’atmosphère, se confond avec le ciel, masque la ville en contrebas. La concentration de PM2.5 peut dépasser 150 µg/m³ même en altitude, selon les données IQAir. Et malgré tout cela, la ville de Chiang Mai et ses abords peuvent presque se considérer comme chanceux. En suivant la carte de la pollution en direction de la frontière birmane, on peut tomber sur des indices à quatre chiffres, compris entre 1.000 et 1.500. Difficile d’imaginer comment on respire ces jours-ci dans ces régions-là.

Jusqu’à quand ?

Aucune amélioration n’est malheureusement annoncée avant le 5 avril. Chiang Mai et sa région ont déjà connu des épisodes catastrophiques. En 2024, la ville avait cumulé 80 jours de dépassement des normes PM2.5, avec des pics à 203 µg/m³ et sept districts avaient été déclarés en état de catastrophe naturelle. 2026 renoue avec les mauvaises années. La ville figure désormais régulièrement en tête des classements mondiaux de pollution en cette période de l’année.

Lepetitjournal.com – 1er avril 2026

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