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Le Cambodge trinque à sa première goutte de pétrole

Il y a plus de quinze ans, des réserves avaient été découvertes au large des côtes cambodgiennes. Mais ce n’est que le 28 décembre 2020 qu’une entreprise singapourienne a annoncé avoir extrait les premières gouttes de brut.

“Le Bloc A – la concession pétrolière la plus prometteuse du Cambodge – est un rêve qui refuse de mourir”, écrivait il y a un an Nikkei Asia. Et le magazine économique japonais rappelait que les rêves du petit pays d’Asie du Sud-Est d’intégrer le cercle privilégié des producteurs de pétrole s’étaient envolés, année après année, depuis le milieu des années 2000 et l’enthousiasme suscité par la découverte de gisements off shore. Des espoirs déçus incarnés par les arrivées et les départs du géant américain Chevron, du thaïlandais PTT, du vietnamien PetroVietnam ou du chinois China National Offshore Oil Corp.

Seul le singapourien KrisEnergy, impliqué depuis dix ans dans ce Bloc A de 3 083 kilomètres carrés, a persévéré. Une ténacité qui a fini par payer. Le 28 décembre, rapporte The Phnom Penh Post, la compagnie “a extrait la première goutte de brut des eaux cambodgiennes”, à savoir dans le golfe de Thaïlande.

Le Premier ministre, Hun Sen, a lui-même salué cette annonce dans un long message sur sa page Facebook. Il y déclare entre autres, selon le Khmer Times : “Le Covid-19 nous a freinés mais n’est pas parvenu à anéantir nos efforts en vue de produire du pétrole. L’année 2021 se profile et même si nous ne sommes pas aussi heureux que les années précédentes en raison [de la pandémie], nous avons reçu un cadeau immense pour notre nation, du pétrole produit pour la première fois sur notre territoire.”

Rapidement, espère Cheap Sour, du ministère des Mines et de l’Énergie et interrogé par le Phnom Penh Post, “les cinq puits vont atteindre une production de 7 500 barils par jour”. Ces gisements se situent à 160 kilomètres au large du port de Sihanoukville. L’américain Chevron avait été le premier, dès 2004, à découvrir des réserves dans cette zone. Mais faute de pouvoir s’entendre avec le gouvernement cambodgien sur un accord de partage des revenus, il avait fini par se retirer.

Comparés à la Thaïlande et au Vietnam voisins, les 7 500 barils restent modestes. Mais le Cambodge chiffrait en 2017 à 500 millions de dollars les royalties et taxes que cette exploitation pourrait lui rapporter. Des revenus que Hun Sen, selon le Khmer Times, a promis d’allouer à la santé et à l’éducation. Dans un pays souvent qualifié de “kleptocratie”, cela restera à voir.

Courrier International – 30 décembre 2020

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