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Femmes entrepreneures au Vietnam : une question de survie

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Même si plus de 93% des Vietnamien⋅nes sont alphabétisés et que 96% fréquentent l’école primaire, beaucoup ne terminent pas leur cycle scolaire. Les difficultés sont d’autant plus fortes pour les jeunes issu⋅es des minorités ethniques : en 2006, seulement 60% d’entre elles/eux achevaient leurs cinq premières années à l’école.

Au total, 65% des enfants bénéficient d’une scolarisation après leurs 11 ans. Ils sont en effet souvent contraints d’aider leurs parents en travaillant. Leur manque d’accès à l’éducation contribuera à leur difficulté d’accéder à des emplois formels ou de gagner dignement leur vie.  

Pratiquement un quart des emplois principaux (et quasiment la moitié des emplois si on exclut l’agriculture) sont dans le secteur informel. Parmi ces emplois, nombreux sont les auto-entrepreneurs non déclarés qui démarrent une petite activité, avec presque rien, pour survivre, pour générer un revenu. Et les femmes sont surreprésentées dans le secteur informel.

Des inégalités femmes/hommes frappantes  

Les Vietnamiennes sont confrontées à des inégalités multiples et persistantes sur le marché du travail, et portent un double fardeau disproportionné de responsabilités professionnelles et familiales. 

Être une fille au Vietnam reste aujourd’hui très compliqué. La pression sociale pousse les jeunes filles à se marier très tôt pour des questions d’honneur familial. Les femmes célibataires sont très mal vues par l’entourage et par l’ensemble de la population. Au Vietnam, une fille sur dix serait mariée avant l’âge de 18 ans.  

La vie est d’autant plus difficile pour les jeunes filles des minorités ethniques du pays. Victimes de discriminations, exclues du système scolaire, et privées d’informations sur leurs droits, elles évoluent dans des milieux précaires, font face aux traditions profondément ancrées. 

Les hommes gagnent quasiment 50 % de plus que les femmes dans le secteur informel, bien qu’il n’y ait pas de différences significatives en termes de nombre d’heures de travail, de niveau d’éducation et d’ancienneté. Les emplois féminins sont également plus précaires. Ils s’exercent plus rarement dans des locaux professionnels, et les femmes sont plus nombreuses à travailler dans la rue, ou dans les marchés, sans local fixe. 

La pandémie de Covid-19 a non seulement exacerbé les inégalités existantes, mais a également créé de nouveaux écarts entre les hommes et les femmes. 

TONG THI NOI, éleveuse : l’illustration d’une réussite  

Tong Thi Noi a 52 ans et vit dans le village de Na Luong à Dien Bien, une province montagneuse située au nord du Vietnam. Avant, sa vie était très difficile et elle n’arrivait pas à subvenir à ses besoins. À l’époque, elle manquait non seulement de capital pour développer son activité d’agricultrice, mais aussi de connaissances pour développer son élevage.  L’envie de sortir de la pauvreté l’a motivée à travailler dur et s’investir courageusement ! 

En 2012, elle a rencontré l’équipe locale d’’Entrepreneurs du Monde au Vietnam.

Avec un premier prêt de 4 millions de VND (environ 146 €), elle s’est lancée dans l’élevage de porcs. Puis, elle a réalisé des bénéfices et a investi davantage dans son activité. Son énergie est démontrée par ses actifs : elle a pu s’acheter une grande maison et possède plus de 2 hectares de café, 1 hectare de rizière, un étang à poissons de 800m2, 2 buffles, 51 cochons et de nombreuses volailles !  

Elle cherche aussi à développer ses connaissances grâce à Internet. Elle a par exemple appris seule à construire une cave à biogaz avec du fumier. 

Grâce à ses efforts, elle a réussi à sortir de la pauvreté et est devenue l’une des plus grandes sources d’inspiration de son village. Son énergie elle la trouve, comme beaucoup de mères, dans ses enfants. Elle fait tout ça pour offrir à ses enfants une vie plus confortable !  

L’entrepreneuriat des femmes dans les pays en développement est un enjeu prioritaire. Il est un levier puissant d’autonomisation et d’émancipation.

Par Virginie Petit – 50-50 Magazine – 12 janvier 2023

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