Infos Viêt Nam

L’homme le plus puissant du Vietnam espère étendre son pouvoir lors du congrès du parti communiste

Le congrès quinquennal du parti communiste s’ouvre ce lundi à Hanoï. Le secrétaire général, To Lam, espère aussi accéder à la présidence du pays. Avec un risque de glissement vers une gouvernance encore plus autoritaire.

Le congrès quinquennal du parti communiste vietnamien a débuté lundi à Hanoï, où le secrétaire général To Lam cherchera à renforcer son emprise sur le pouvoir, moins de deux ans après son accession au poste suprême.

Plus de 1500 délégués représentant les quelque cinq millions de membres du parti unique du Vietnam se sont rassemblés pour rendre hommage au héros national Hô Chi Minh, devant son mausolée de la capitale, avant de participer à une session préparatoire à huis clos.

Election des piliers de la gouvernance

Selon des sources au sein du parti communiste, le dirigeant de 68 ans conservera son poste de secrétaire général à l’issue du congrès, organisé jusqu’à dimanche. Mais il vise également la présidence du pays, à l’instar de Xi Jinping chez le voisin chinois.

En effet, c’est lors du congrès du parti communiste que le président du pays est choisi, de même que le premier ministre, le président de l’Assemblée nationale ainsi que le membre permanent du Secrétariat du Comité central (une fonction internet au parti), qui constituent les cinq piliers de la gouvernance du pays. Tous doivent ensuite être approuvés par un vote du parlement (excepté pour le Comité central).

Si To Lam venait à être nommé simultanément aux deux postes les plus élevés, le Vietnam «ressemblera davantage à la Chine et à la Corée du Nord», estime Derek Grossman, de l’Université de Californie du Sud. Pays de 100 millions d’habitants, le Vietnam est à la fois un Etat autoritaire et un pôle économique régional grandissant, fort d’une croissance de 8% en 2025.

Une ascension fulgurante

Depuis sa nomination à la tête du parti il y a seulement 17 mois, To Lam a mené une campagne anticorruption vigoureuse. Il a supprimé depuis des pans entiers de l’administration, abolissant huit ministères ou agences gouvernementales et réduisant de près de 150 000 le nombre de fonctionnaires, tout en lançant des projets ambitieux dans le ferroviaire et l’énergie.

To Lam a déjà été nommé président – le deuxième poste le plus important dans la hiérarchie politique vietnamienne, derrière le secrétaire général – en mai 2024 après le limogeage de son prédécesseur pour corruption. Mais moins de deux mois plus tard, le secrétaire général est décédé et To Lam lui a succédé, abandonnant peu après la présidence.

Concurrence pour l’accès à la présidence

L’homme fort du pays pourrait être le premier à être nommé simultanément aux deux plus hauts postes du pouvoir vietnamien. Son influence dépendra de ceux qui obtiendront les autres postes clés du politburo – le bureau politique, un organe de 17 à 19 membres élu indirectement par les délégués, et qui à lui-même la charge de choisir les postes de gouvernance.

Le ministre de la Défense Phan Van Giang, soutenu par l’armée, est aussi pressenti pour remplacer le président Luong Cuong, ancien général. La faction militaire, plus conservatrice, s’est opposé aux réformes de To Lam. Une source proche des délibérations internes a indiqué à l’AFP que les ambitions du secrétaire général avaient été provisoirement approuvées. Il pourrait toutefois avoir à mettre de côté ses ambitions présidentielles afin d’obtenir le soutien nécessaire à son programme de réformes.

Risque de répression plus forte

«Les répressions contre la dissidence politique pourraient devenir plus fréquentes» prévient Derek Grossman, spécialiste du Vietnam à l’Université de Californie du Sud, qui précise que le secrétaire général «s’inspire largement de son mandat de ministre de la Sécurité publique».

Il est peu probable que le parti assouplisse son contrôle strict des médias ou son traitement sévère des dissidents, dont plus de 160 sont en prison, selon l’ONG Human Rights Watch.

Un pays dopé par la croissance

Quant à sa politique étrangère, le numéro un du pays maintient l’approche de son prédécesseur: celle de la «diplomatie du bambou», cherchant à rester en bons termes avec les grandes puissances mondiales.

Etonnamment résilient face aux nouveaux droits de douane de 20% imposés par le président américain Donald Trump, le Vietnam a enregistré une forte croissance l’an dernier. Mais l’équilibre entre les Etats-Unis et la Chine est devenu plus difficile à trouver, tandis que les attentes augmentent au sein de la jeunesse en matière d’accessibilité au logement ou de pollution.

«Je n’ai jamais envisagé d’avoir un jour la possibilité de m’acheter une maison» faute de moyens suffisants, témoigne Kim, chercheuse de 23 ans à Hô Chi Minh-Ville, toujours logée chez ses parents.

La jeune femme, qui espère que les dirigeants vietnamiens «s’occuperont davantage des inégalités», a demandé à être identifiée uniquement par son prénom, par crainte de représailles.

Le Temps (.ch) avec agences – 19 janvier 2026

En poursuivant la visite de ce site, vous acceptez l’utilisation de traceurs (cookies) vous permettant juste d'optimiser techniquement votre navigation. Plus d’informations

En poursuivant la visite de ce site, vous acceptez l’utilisation de traceurs (cookies) vous permettant d'optimiser techniquement votre navigation. Aucune information sur votre utilisation de ce site ne sera partagée auprès de quelconques médias sociaux, de sociétés commerciales ou d'agences de publicité et d'analyse. Cliquer sur le bouton "Accepter", équivaut à votre consentement.

Fermer