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La lutte contre les déchets plastiques du tourisme au Vietnam

Une étude de la PNUD sur la pollution plastique dans le secteur du tourisme a montré que l’augmentation du tourisme au Vietnam, accompagné par une pression environnementale croissante, place le plastique comme une menace à l’industrie touristique qui contribue à hauteur de 8% au PIB. Les touristes consommeraient beaucoup plus de plastique que les locaux. En réaction, des initiatives ont déjà été mises en place mais le manque de prise de conscience générale empêche la réduction durable des déchets.

Les touristes génèrent deux fois plus de déchets que les locaux

L’enquête réalisée par la PNUD, l’agence des Nations Unies pour le développement, a été menée conjointement avec l’Administration nationale du tourisme au Vietnam. Les résultats ont été présentés le 6 février à Ninh Binh durant un atelier de consultation sur l’évaluation de la pollution plastique dans le secteur du tourisme. Cet atelier s’inscrivait dans la phase II du Programme mondial d’innovation sur les plastiques (GPIP) et avait pour objectif d’identifier l’état actuel de la pollution plastique dans le tourisme et de proposer des solutions pour réduire les déchets plastiques dans les principales destinations touristiques. 

L’étude, qui se concentre sur Da Nang et Ninh Binh, montre qu’en moyenne, les touristes qui restent une nuit sur place génèrent environ 1,2 kg de déchets par jour, tandis que ceux de passage en produisent environ 0,5 kg. En parlant uniquement de déchets plastiques, chaque visiteur générerait entre 0,12-0,27 kg par jour, soit 1,7 fois plus que les habitants locaux. Le Vietnam génère environ 70 000 tonnes de déchets ménagers par jour et consomme 81 kg de plastique par personne par an. Si cette situation n’est pas contrôlée prochainement, la PNUD annonce que la qualité des paysages et l’expérience touristique seront détériorées rapidement, ce qui pourrait endommager la compétitivité du pays sur le long terme.

Un historique d’initiatives de lutte contre les déchets plastiques

Des initiatives ont déjà été mises en place ces dernières années par les localités pour lutter contre les déchets plastiques. Le “Plastic free July”, par exemple, est un défi qui consiste à réduire les déchets plastiques durant le mois de juillet. De nombreux touristes vietnamiens ont relevé ce défi et ont par ailleurs exprimé qu’ils apportent une grande importance à leur consommation de déchets plastiques pendant leurs vacances, en essayant de réduire leur impact au maximum. Duong Thi Thanh, présidente de l’association du tourisme à Ninh Binh en 2025, avait souligné le succès de l’initiative “réduction des déchets plastiques dans le tourisme”, avec une baisse de 23% de déchets plastiques dans les hôtels, de 14% dans les restaurants et de 20% sur les sites touristiques.

Plusieurs nettoyages citoyens ont déjà eu lieu dans la baie de Halong en 2024 suite à des plaintes de touristes concernant les déchets dans l’eau et sur les rives. Le ramassage a été fait par des militaires, des policiers, des jeunes bénévoles et des locaux. Le nettoyage avait mobilisé une vingtaine de bateaux, et s’était étendu sur plusieurs jours. Néanmoins, pas de personnel n’y est dédié spécifiquement, et les déchets sont persistants, notamment les sachets et bouteilles en plastique, ou encore des flotteurs en polystyrène. 

Une prise de conscience insuffisante

M. Han Van Sieu, Directeur adjoint de l’administration nationale du tourisme du Vietnam, a affirmé que les services étatiques ont intégré la réduction des déchets plastiques dans les stratégies nationales, ainsi qu’un objectif de croissance verte visant l’objectif de zéro émission nette en 2050. De nombreux critères et réglementations relatifs à la protection de l’environnement ont été publiés par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme conjointement avec l’Administration nationale du tourisme. Parmi ces réglementations, le label de tourisme durable Lotus vert ou bien des critères environnementaux imposés aux établissements touristiques sont de plus en plus adoptés, ce qui contribue à encourager les initiatives et structures durables et respectueuses de l’environnement. 

Néanmoins, la prise de conscience des touristes et des entreprises n’est pas encore assez avancée afin de produire un réel changement pour l’environnement. Du côté des entreprises, si 95 à 100% d’entre elles reconnaissent les méfaits des déchets plastiques, 95% de celles de Ninh Binh et 81,6% de celles de Da Nang continuent de proposer des produits plastiques à usage unique. Cette incohérence s’explique par le fait que 57% des entreprises estiment que le coût des alternatives au plastique est plus élevé et 87% soutiennent que le plastique est plus pratique et que les consommateurs ont l’habitude de l’utiliser. 

Du côté de la demande, la PNUD estime que les touristes sont “bien disposés, mais passifs”. À Ninh Binh, 72% des touristes ont déclaré qu’ils utilisaient 3 bouteilles en plastique par jour, davantage les touristes internationaux que nationaux en raison de leurs craintes sur la qualité de l’eau potable. Enfin 71% des touristes déclarent qu’ils ne sont pas prêts à payer moins de 10% de plus pour des activités respectueuses de l’environnement. Afin de faire évoluer les comportements, il faut donc que ce soit les entreprises qui entament le changement en ne proposant que des options écologiques par défaut et en développant des infrastructures conformes aux normes de protection de l’environnement.

Par Gaïa Beard – Lepetitjournal.com – 19 février 2026

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