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Le parti tient son congrès, les dissidents restent emprisonnés

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Le congrès du parti communiste vietnamien, qui a débuté le 25 janvier, désignera probablement le nouveau Premier ministre et le président de l’État pour les cinq prochaines années. Le nombre de prisonniers d’opinion a, lui, doublé depuis le congrès précédent, passant de 84 à 170.

Le Vietnam emprisonne un nombre record de prisonniers d’opinion alors que la répression s’intensifie.

Selon l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International, les autorités vietnamiennes doivent mettre fin aux attaques incessantes qu’elles mènent contre les défenseurs des droits humains et les personnes qui exercent leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Le 13e congrès du Parti communiste vietnamien (PCV) se tient entre le 25 janvier et le 2 février.

“L’intolérance des autorités vietnamiennes à l’égard de la dissidence pacifique a atteint un sommet sous les dirigeants sortants. La nomination de nouveaux dirigeants nationaux offre au Vietnam une occasion inestimable de changer de cap en matière de droits de l’homme”, estime Yamini Mishra, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Asie et le Pacifique.

Selon l’article 4 de la Constitution vietnamienne, le PCV dirige “l’État et la société”. Cette disposition a été invoquée pour mettre hors la loi d’autres partis politiques.

Le congrès du PCV – qui a lieu tous les cinq ans – est le mécanisme clé par lequel les dirigeants du gouvernement sont sélectionnés et les priorités politiques sont fixées. Le CPV est au gouvernement depuis sa victoire dans la guerre du Vietnam en avril 1975.

Amnesty International reconnaît actuellement 170 prisonniers de conscience au Vietnam. C’est le nombre le plus élevé enregistré par l’organisation depuis qu’elle a commencé à publier des chiffres comparables en 1996.

Le nombre de prisonniers d’opinion a fortement augmenté ces dernières années et a doublé par rapport à l’année du précédent congrès du PCV, en 2016, où il était de 84.

Répression à l’approche du congrès

La récente condamnation et la lourde peine de trois journalistes et prisonniers de conscience affiliés à l’Association des journalistes indépendants du Vietnam (IJAVN) – Pham Chi Dung,Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh Tuan – par le tribunal populaire de Hô-Chi-Minh-Ville le 5 janvier 2021 est la dernière violation de la liberté d’expression en date d’une escalade de la répression qui dure depuis des mois.

Les trois journalistes ont été condamnés en vertu de l’article 117 du code pénal pour “fabrication, stockage ou diffusion d’informations, de matériels ou d’articles dans le but de s’opposer à l’État de la République socialiste du Vietnam”. Pham Chi Dung a été condamné à 15 ans de prison, et Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh Tuaneach à 11 ans de prison.

Article 117

L’article 117 est couramment utilisé pour réprimer la dissidence légitime au Vietnam et a été un outil privilégié des autorités pour emprisonner arbitrairement des journalistes, des blogueurs et d’autres personnes qui expriment des opinions qui ne sont pas conformes aux intérêts du PCV.

Au moins 36 personnes ont été détenues en vertu de l’article 117 depuis l’entrée en vigueur du code pénal de 2015 en janvier 2018 – huit en 2018, 14 en 2019 et 14 en 2020. Les personnes condamnées ont reçu des peines allant de cinq à quinze ans d’emprisonnement.

Gavroche-thailande.com – 28 janvier 2021

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