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Thaïlande : cérémonie de crémations gratuites au temple pour les morts du Covid-19

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La Thaïlande, un pays qui était cité en exemple jusqu’à récemment pour sa gestion de la crise du Covid-19, se débat aujourd’hui avec la troisième vague qui l’a submergée. 

Près de 10 000 cas et une centaine de morts par jour. Alors que les services funéraires commencent à être surchargés, à Bangkok, un temple propose de prendre en charge gratuitement les cérémonies de crémations de celles et ceux qui sont morts du virus.

La camionnette est stationnée en bas des marches du petit temple où se situe l’incinérateur. Les quatre volontaires recouverts de plastique de la tête aux pieds s’inclinent, les mains jointes, pour un dernier salut, avant de se saisir du cercueil blanc qui contient le corps de Madame Heng, 59 ans, vendeuse de plats cuisinés dans la rue, à Bangkok, depuis vingt ans. À la demande de ses proches, qui n’avaient pas les moyens de lui offrir une crémation digne, c’est la fondation Siam-Nonthaburi qui se charge du transfert de son corps depuis l’hôpital jusqu’à sa dernière demeure. Selon son directeur Pairat Sutthup depuis quelques semaines, les demandes ont explosé : « Ça n’arrête pas d’augmenter. En temps normal, on est déjà assez sollicités, car beaucoup de familles n’ont pas les moyens de s’offrir un service funéraire. Disons deux ou trois morts par jour. Mais là, depuis le mois de juin, c’est minimum 10 morts par jour dont on doit s’occuper. »

Il n’y a pas en Thaïlande de service public qui s’occupe des funérailles des morts indigents. Ce rôle est dévolu aux temples et aux fondations bouddhiques. Historiquement, dans la capitale thaïlandaise, ce sont les communautés chinoises immigrées qui ont rempli cette fonction, mais aujourd’hui, au-delà du manque de moyens des familles, c’est aussi que beaucoup de services funéraires refusent de s’occuper des morts du Covid. L’abbé du temple Rat Prakong Tham, en périphérie de Bangkok, appelle les citoyens thaïlandais à la solidarité : « De partout dans la région, à Bangkok, en banlieue, les familles appellent notre temple pour qu’on aille chercher les corps, les transporter, avec nos propres véhicules, nos propres équipes, parce qu’ils savent que dans ce temple, nous n’avons pas peur. Donc, nous faisons appel aux donations pour nous aider à faire ce travail indispensable, pour qu’on puisse payer de la main d’œuvre, ou au moins l’essence. »

Au lieu des traditionnels chants et incantations funèbres prononcées par les moines, les crémations de ces morts pas comme les autres se déroulent dans le silence, à un rythme accéléré. Malgré une présence désormais majoritaire du variant Delta parmi les nouvelles contaminations, le gouvernement espère éviter le scénario indien grâce à des mesures de semi-confinement dans les centres urbains alors que le pays vient de rouvrir partiellement ses portes aux touristes vaccinés.

Par Carol Isoux – Radio France Internationale – 18 juillet 2021

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